Gavarnie, Gabiétou nord, arête ouest. Doigt de la Fausse Brêche.

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L’arête qui relie le col de Boucharo au sommet du Gabiétou est une des mieux placées, tant géographiquement que dans la liste des motifs désirables. On y est allés, le lyonnais, le marseillais, des tennis, un brin de corde, deux friends, quatre wall nuts, des sangles et moi, à la mi-août. Le seul passage obligatoire est le tout petit surplomb qui est à la base, sur le fil. Après on s’élève toujours sur le versant nord-ouest, par des cheminées, des vires, des petits murs, des dalles, parfois à nouveau le fil, c’est une très belle randonnée dans un très bel endroit toujours redressé.

Comme on était au sommet pour le petit-déjeuner, on a continué la journée dans une mentalité pêche-promenade, en montant au Taillon, au Doigt de la fausse brêche, au Casque par le tunnel sud-ouest, puis en descendant nous baigner dans la vallée d’Ossoue.

Au Doigt j’étais monté en… 1990 ou 91, avec l’ami Gilles: il faisait froid et gris. On avait une corde de 11 mm qui je suppose avait servi à un paysagiste de nos amis à tirer des troncs de châtaigniers au cul d’un pick-up, car elle on la décidait difficilement à se plier à une forme autre que rectiligne. Elle mémorisait toutefois une belle grosse déviation à mi-longueur. J’aimais beaucoup sa gaine effilochée, qui me donnait des sensations d’aventure. On est descendus en rappel autour du torse, et bien sûr, impossible de rappeler la corde. Et là, miracle: une jeune femme apparaît, qui à nos mines désolées nous dit gentiment: « Hé ben les garçons, qu’est-ce qui vous arrive? », et puis elle monte décrocher la corde et redésescalade le bourrier avec une agilité parfaite, sans s’assurer naturellement. Comme on ne savait pas encore très bien quelle était la différence entre les garçons et les filles, on n’a pas songé à tomber amoureux tout de suite, et elle a disparu à jamais. Cette année j’avais une corde trop souple et trop fine pour espérer la coincer, alors je suis redescendu en dégrimpant. Le rocher est plus sûr qu’il ne l’était dans mes souvenirs, on peut y aller. C’est une cheminée au nord du Doigt que l’on grimpe (au-dessus de la grotte).

Après, retour au tunnel du Casque (j’y étais allé quatre jours avant avec Alexandra), parce que c’est l’ascension la plus rigolote des Pyrénées (avec la face ouest du Petit Pic du midi d’Ossau). Et on a rigolé bien sûr.

 

 



Doigt de Pombie, Face est et remontée au Rein de Pombie

 

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Cette course est la preuve qu’on peut s’améliorer à force de boire du rouge et de manger du fromage cru: car moi qui avais fabriqué des crampes à la sud-est de la Jean Santé, sous prétexte de dülfer en Vsup, non seulement je n’ai pas connu cette sorte de déconvenue à cet autre endroit bien ensoleillé du massif, mais j’ai même grimpé en beau style les passages qui le requièrent, à l’exception bien sûr du dièdre en 6a, où j’ai tiré au friend comme tout le monde. Suprème contentement, j’ai recueilli un Erwan vidé de son énergie coutumière au troisième relais, il n’avait pas retouché l’Ossau depuis la ONO en 2003, le pauvre, c’est vrai qu’on oublie. Après un bon repas tout en haut des terrasses d’herbe, il s’est montré d’attaque pour deux ou trois longueurs pas hautaines qui lui ont restitué sa bonne humeur. Comme on était en pleine fournaise depuis deux semaines (nuits sans rosée!), on a attaqué exactement à l’aube, le soleil nous est tombé dessus quand on était déjà à cent mètres du sol.

Je me demande (d’autres l’ont fait avant moi) pour quelle raison la tradition minore le niveau de cette voie d’un inf, mais après tout ça ne nous regarde pas, et ça ne change pas grand chose à l’intérêt du parcours. Le topo de passages pyrénéens est très bien rédigé, je ne vais donc pas le paraphraser, les longueurs du socle sont évidentissimes. En haut des terrasses d’herbe, il me semble qu’il faut tout de suite tirer bien à gauche, une longueur, avant de revenir à droite. Le terrain est indescriptible, assez interchangeable, mais en se débrouillant bien on doit pouvoir se fourrer dans des petits pièges à souris. Le petit toit trapézoïdal est un excellent point de repère, il faut se fier à lui. La fissure « magnifique » est à sa gauche. L’avis d’Erwan est qu’on s’en fout pas mal que la fissure soit magnifique, « moi je trouve que c’est magnifique quand il y a des prises »! L’enjambée qui suit le dièdre tire-friend est très amusante, et les fissures-cheminées de sortie très intéressantes, c’est vraiment de l’escalade comme on l’aime nous ça.

J’ai déjà dit que j’aime pas les rappels? Oui je l’ai déjà dit. Qu’on ne s’imagine pas que j’avais étourdiment glissé sur la question de la descente du Doigt de Pombie, je sais très bien qu’elle consiste à glissouiller, précisément, plusieurs fois de suite le long de sa corde. Mais une attentive considération du massif m’avait convaincu que le Doigt de Pombie est un des rares sommets à partir desquels on peut continuer à s’élever! Donc, depuis la brèche (atteinte en désescalade), on est montés au Rein, dans des rochers plus ou moins redressés, AD: attaquer droit au-dessus de la brèche, puis obliquer légèrement vers la droite, on atteint des grandes dalles couchées, roses, surmontées d’un gros pli surplombant. Une portion fracturée (un piton en alu!) permet assez vite de franchir cette barre, au-delà de laquelle on trouve un peu à gauche un couloir avec de l’herbe et des éboulis. On franchit la barre verticale qui ferme le couloir là où elle est le moins haute, à gauche (trois mètres de IV). On débouche plus haut à droite sur les sentes du Rein. Bien sûr, dix-huit cheminements équivalents sont possibles, il faut juste se concentrer suffisamment pour éviter les toits de Despiau, bien visibles du Doigt. Descente par la voie normale. Et ben moi je trouve que c’est mieux que retaper des pitons et changer des cordelettes et rappeler huit fois sa corde.

Et puis c’est bien joli les TDinf à l’Ossau, mais 3 ou 400 mètres de navigation à vue dans des rochers plus ou moins quelconques, ça permet de se sentir un peu en montagne!

Après, que je vous raconte mes vacances: j’ai nagé 20 minutes tout nu dans le lac de Pombie, pendant qu’Erwan faisait la sirène en caleçon autour d’une baigneuse en bikini. Si le thermomètre continue à grimper l’été prochain je ne sais pas ce qu’on va devenir.

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Balaïtous, Cap Peytier-Hossard, face nord

 

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Je me suis dégonflé au pied de la Tour de Costérillou! Après un moment de vague, Erwan a souhaité regravir la face ouest du Pic Rouge, nous voilà donc en milieu de matinée au col du Pabat, et un coup d’oeil jeté vers le Cap Peytier-Hossard nous a donné le désir d’en gravir la face nord: magnifiques longueurs dans un socle fort raide! Puis une navigation dans des dalles avenantes au-dessus, pour déboucher au sommet. 

La grande affaire aura été de remonter le raide glacier en peau de chagrin du pied de la face: heureusement que l’approche de la Tour le matin nous avait munis d’un piolet à panne, et d’une paire de gants de jardinier chacun, car j’ai taillé des marches dans la glace sur 70 mètres, après quoi il a encore fallu jouer dans la rimaye sur 110 mètres de droite à gauche, l’oeil à toutes les apparences de fissures grimpables. Tout ça pour attaquer la ligne la plus évidente de loin: un dièdre parfaitement régulier, assez couché, qui mène sous un surplomb. Le tout appuyé contre une vaste dalle très lisse. J’ai trouvé un vieux bout de bois coincé dans la fissure de la dalle blanche, il s’est réduit en poudre quand je l’ai effleuré pour le montrer à Erwan, ce qui signifie que des aventuriers ont visité la chose dans les années 50, et que personne n’est venu jouer avec ce bout de bois depuis au moins les années 80. Si l’on considère la longueur de l’approche, je m’imagine que la Face nord du Cap Peytier-Hossard ne sera pas la classique du massif à partir de l’été prochain. Mais pourquoi pas, justement, la coupler avec les dièdres du Pic Rouge?

Remonter le dièdre couché (IV,IVsup). En arrivant au surplomb, sortir à droite, relais au pied d’une dalle blanche fendue d’une belle fissure. Gravir cette fissure (Vsup). Gravir une nouvelle fissure parallèle au dièdre de départ, mais plus fine: Vsup puis IV. On débouche sur des dalles couchées, séparées par des vires. Atteindre et remonter la dalle la plus haute, gravir un dièdre un peu à droite, et par un dernier ressaut déboucher à quelques pas du sommet. 200m d’escalade, Dsup, soutenu et très esthétique dans le socle de base, coinceurs et friends. Piolet pour l’approche, voire crampons (glace ou neige raide pour des tennismen). Si l’on choisit de suivre la rimaye, c’est sans doute plus court de l’attaquer de gauche à droite.

La voie normal du Cap Peytier-Hossard est à l’Ouest, vers le vallon de Batcrabère et son exposition universelle de blocs. Une arête horizontale PD ou ADinf permet au sud de rejoindre la vire Béraldi et le sommet du Balaïtous. Il n’y a pas à ma connaissance de descente facile à l’est. Moi je désirais depuis longtemps connaître l’arête nord, car je lui trouve beaucoup d’allure de loin, et c’est par là qu’on est descendus: c’est rapide, facile, joli et le contraire d’emmerdant. Il s’agit de grandes dalles prisues, couchées, PDsup. Rester près du fil. Après une grande dalle plus raide que les autres, on descend dans une brêche. On remonte alors un petit tas de rochers, puis on reprend la descente pour en trouver la fin sur le versant est du bas de l’arête. Je dis ça parce que malgré les apparences entretenues en ce mois d’août 2012, j’ai le souvenir qu’on redescend parfois dans un peu de brume, sur le versant nord de notre cordillère bien-aimée.

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Gabizos, traversée, face nord des Taillades Blanques: Diabolo monte!

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Un diable habite dans tous les pyrénéistes à l’approche d’une voie: il dévisage les montagnes autour de lui et communique au grimpeur le désir irrépressible de gravir un motif imprévu. Ce matin du mois d’août, tandis qu’on montait sagement vers les Taillades Blanques, avec le projet naïf de traverser les Gabizos, ce diable nous a signalé une ligne provocante en plein milieu des parois blanches des Taillades. Ce matin-là, Diabolo est monté! Excellente et très appéritive façon de commencer la traversée des Gabizos.

De la cabane de Larue, emprunter le chemin qui monte vers les Taillades Blanques. À distance, le grand dièdre de Diabolo Monte nous apparaît sous la forme d’une grande cheminée verticale, très bien dessinée, qui fend en son milieu le socle de rochers blancs des Taillades. Un surplomb convulsé se signale aux deux tiers. On quitte le chemin pratiquement à la base de la paroi, et on traverse un pierrier vers l’est sur deux ou trois cent mètres. L’attaque est au pied du dièdre. 

Remonter ce dièdre sur une longueur et demie: IV soutenu, V, rocher magnifique, le pan droit du dièdre est parcouru de très jolies cannelures. Après une veine de rocher noir compact, obliquer à droite, franchir une nervure et faire relais 8 ou 10m au-dessous du surplomb. Ce surplomb est défendu par un talus de copeaux moussus: ne pas s’y engager, mais longer la base de ce talus une douzaine de mètres, pour gravir une vague cheminée en rocher délicat. On atteint un balcon entouré de murs réguliers: surmonter le petit éperon de gauche (V), on arrive sur les dalles couchées qui mènent au sommet. Les gravir en se tenant sur l’éperon qui borde la cheminée principale. D ou Dsup, 200 mètres, 1 à 2 heures d’escalade. Coinceurs et friends, deux pitons utiles (on n’en avait pas, on avait juste de quoi faire la traversée des Gabizos, qui est ADsup).

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Troumouse, Petit Pic blanc, face Ouest: La Rampe

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Une première? Le motif est si évident qu’on a du mal à s’imaginer que personne ne soit passé par là avant nous. La rampe du Petit Pic Blanc se fond dans les parois impossibles qui l’entourent, sous une certaine lumière et quand on les considère depuis le col de la Sède, mais elle est bien visible de la route qui monte à Troumouse et nous c’est en passant au pied des murailles du cirque qu’on l’a remarquée un beau jour de 2008 ou 2009. Et pourtant, aucune trace de passage, pas un vieux piton, pas une cordelette oubliée, pas de fissures dégagées pour la pose d’un coinceur, pas de boîte de conserve, de croûte de fromage, rien. Il est vrai que des grimpeurs plus furtifs que nous ont pu la remonter en 45 minutes sans s’encorder et sans le dire à personne. Si quelqu’un a de la documentation sur le sujet, je prends!

Du parking de Troumouse, on suit le chemin du Col de la Sède. 20 minutes après les lacs des Aires, on le quitte pour gagner par un pierrier la base de la Rampe. Elle traverse sur toute sa hauteur la face Ouest du Petit Pic Blanc, et mène exactement au sommet. Il s’agit d’une dalle interminable qui se redresse graduellement au milieu. Le terrain est comparable au deuxième tiers de la Face nord de la Pène Blanque, en un peu plus facile: II et III, avec des pas de IVinf. L’escalade est exposée: aucun becquet, pratiquement pas de fissures. Dans le haut, on rencontre un ruissellement (bien visible de loin: il forme une ligne noire) qui peut sans doute être gênant s’il est abondant ou verglacé. Aprés 400 métres, on bute sous des surplombs: les contourner au mieux en suivant toujours la ligne générale d’ascension vers la droite: dalles déversées, petits ressauts. Après avoir franchi un petit mur raide, on débouche à droite dans un ravin suspendu (sec): le remonter, en franchissant de droite à gauche un mur noirâtre un peu moins délité qu’il ne le paraît (IV). Un éperon noir de 30 mètres de haut donne accès au sommet. 500 mètres d’escalade, 3-4 heures, ADsup. Coinceurs et friends (micros utiles), 4 pitons utiles (on n’en avait pas). Très jolie ambiance, aérienne, exposée.

Retour à Troumouse: par les crêtes du cirque, au sud vers la Munia et sa voie normale, au nord vers le Gerbats. Le cheminement qui contourne par le sud-ouest le Gerbats est dangereux, je l’ai vérifié cet été: il s’agit de vires malcommodes, couvertes de gravillons, et hyper exposées. Sur la foi d’un topo j’étais passé par là un jour de 1994 ou 95, et au bout de cent mètres, mon camarade du jour et moi on s’était serré la main en se souhaitant bonne chance. Cet été sur l’insistance d’Erwan j’ai réessayé et j’ai à nouveau eu mal à l’estomac, cet endroit me fait tout simplement peur. Il vaut beaucoup mieux passer par le Gerbats: quand on vient du petit Pic Blanc à toute crête, on gagne une vire située juste sous le sommet du Gerbats sur son flanc sud-ouest. Elle mène à un pierrier orienté au nord. Descendre au nord, jusqu’au bord de la barre rocheuse qui traverse dans toute sa largeur la base de la petite face nord du Gerbats. Il y a deux passages, un au milieu de la barre (un ou deux pitons, parfois une corde fixe, III ou IV), et l’autre à l’angle oriental, juste au bord de l’arête qui domine Barroude. Ce dernier passage est le plus facile (II, IIIinf). De là, col de la Sède et chemin jusqu’au Cirque.

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Vignemale, éperon nord de l’Aiguille des Glaciers

 

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Au cours de l’extraordinaire période de beau temps de ce mois d’août, on a cherché l’ombre le long d’une valeur sûre: l’éperon nord de l’Aiguille des Glaciers au Vignemale.

La notice du Guide Ollivier commence par décrire un cheminement compliqué à l’est de l’éperon, avant de suggérer une attaque par l’ouest. C’est ce que nous avons choisi de faire. De ce côté-là, on voit de très loin un gros surplomb jaune en forme de losange: il faudra le rejoindre. A mi-hauteur entre lui et nous au moment d’attaquer, on remarque un dièdre bien régulier, gris et fissuré, auquel amène une veine d’ophite. Remonter cette veine, puis la quitter pour faire relais à gauche sur un excellent becquet sous un mur vertical. Une fissure horizontale à droite amène au pied du dièdre régulier, qu’on ne gravit pas: une nouvelle traversée à gauche amène à la hauteur de ce qui doit être le gendarme « bien visible depuis le chemin du Centenaire » évoqué par Ollivier. On ne le rejoint pas non plus: des fissures s’offrent, raides et en bon rocher, on les remonte et on en sort à droite, pour rejoindre encore à droite un grand dièdre couché que l’on remonte jusqu’au gros surplomb jaune en forme de losange. On le contourne par la gauche: mur vertical, très bonnes prises, un piton bleu. Nouvelle cheminée, nouveau surplomb (ophite), nouveau contournement par la gauche, et on prend pied sur le fil de l’éperon, moins raide sur cent mètres.

Remonter un terrain facile. On laisse un gros surplomb sur la gauche, pour gravir à droite de belles dalles compactes en direction d’une ligne de fissures raides à droite. Gravir ces fissures, deux pitons, puis revenir à gauche pour rejoindre le fil de l’éperon qu’on ne lâche plus jusqu’au sommet de l’Aiguille.

La portion de crête horizontale qui suit réserve des surprises: d’abord, c’est plutôt aérien, ensuite le rocher est fragile (taillantes qui sonnent creux), enfin Ollivier nous annonce un passage « dangereux ». Dieu sait si on en a vu, des rochers pourris, et si je désapprouve les manoeuvres de corde, mais là Erwan est remonté de sa petite désescalade plus loquace que jamais, et on a fait un rappel de 20 ou 30 mètres sur le versant est pour remonter sans problème à la brèche suivante. De là, on gravit sur le fil ou à la droite du fil l’arête qui remonte à l’Epaule de la Pointe Chausenque. Une grosse tour croulante prétend s’interposer: on gravit quelques mètres de front, puis on suit une vire à droite pour remonter sur des talus de clochetons au-dessus.

Voilà qui fait 702 mètres de dénivelé bien employé, le chiffre annoncé est amusant parce qu’il n’est pas du tout évident de déterminer l’endroit exact où finissent les dalles de moraine et où commence l’éperon. Il est vrai qu’à l’époque de la première le Vignemale était un massif enneigé. Le rocher est généralement bon, même très bon quand c’est raide, mais on sent que ce n’est pas la voie la plus fréquentée du massif. Il est fragile sur tout ce qui s’apparente au fil d’un éperon ou à une arête. Le cheminement, très varié, requiert une attention flottante, mais constante. Il ne faut pas sous-estimer la traversée depuis l’Aiguille jusqu’à l’Epaule, c’est grand!

Cette course est plus difficile que l’éperon nord du petit Vignemale, beaucoup plus aventureuse que la face nord classique de la Pique longue, plus facile mais sans doute plus longue que l’éperon Nord Ouest de la Pointe Chausenque, l’ambiance y est originale et sauvage, les montagnes autour sont splendides, bref le seul reproche qu’on peut faire à cette course magnifique une fois qu’on l’a réalisée, c’est qu’elle ne laisse plus qu’un trou à boucher au milieu du versant nord du Vignemale, et que le couloir qui mène à ce trou est un peu plus sec chaque fois que je monte aux Oulettes de Gaube.

On s’est félicités d’avoir pris un but il y a deux ou trois ans Erwan et moi face à l’Aiguille des Glaciers: montés depuis Ossoue avec le matériel de l’intégrale du Marboré, à savoir un seul brin de corde, 5 friends et 4 wall nuts, dans l’idée de parcourir l’autre voie Ollivier (face nord-est), on s’est sentis tout timides devant cette Méditerranée de roches couchées, et on s’est rabattus sur l’éperon du Petit-Vignemale. Armés d’un rappel et d’une panoplie un peu plus complète d’ustensiles, on a quand même moins l’impression de faire n’importe quoi.

Dsup, coinceurs et friends, sangles. Pas pris de pitons. Il ne nous a manqué qu’un cubi de vin à la Villa Meillon. Retour par l’arête du Petit-Vignemale.

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sept 2013: Je viens de découvrir le blog de deux grimpeurs espagnols qui font figurer sur leur croquis de cette voie la cordelette jaune (cordino amarillo) que j’ai posée l’an dernier pour faire le petit rappel à l’est! Ça m’a mis de bonne humeur! Leur croquis est intéressant, parce qu’ils ont évité les filons d’ophite du départ et le dièdre surmonté d’un surplomb jaune que moi j’ai choisis précisément. On n’est pas d’accord sur la qualité du rocher, qu’eux ont jugée mauvaise (roca mala), mais c’est peut-être lié à ces choix de cheminement au départ? En tous cas ils ont aimé l’endroit, puisqu’ils ont fait durer le plaisir jusqu’à 23 h! voici le lien:http://hermanosgalve.blogspot.mx/2013/08/cara-norte-aguja-de-glaciares-vignemale.html

 

 

 

 



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