Barroude, éperon est du Petit Pic Blanc

 

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Voici un petit croquis de cette belle course, lunettes et crème obligatoires sur deux cents mètres!- Et voici des photos. On a dormi dans la vallée de Barrosa, au pied du poteau multicolore. La photo où l’on me voit manger un gros sandwich noir sur la berge d’un torrent ne me représente pas en train de manger un gros sandwich, mais en train de jouer du chafón, ou xaphoon, ou pocket sax, l’instrument de l’été, qui attire les canards et chasse l’ennui où qu’on se trouve. Il est aussi en train de chasser les bonnes relations que j’avais jusqu’à présent avec mes voisins, version bee-bop de Se canto à l’appui.

On monte à Barroude. On contourne la base de l’éperon, qui se trouve en plein milieu des parois entre le Gerbats et le pic de Troumouse et qui est le plus marqué de tous. On fera bien de remonter les éboulis issus du vaste dièdre d’angle par la gauche (rive droite) plutôt que le long de l’éperon lui-même, ça sera moins pénible. On attaque par une cheminée qui est au milieu de deux autres cheminées proches. On s’équipe sur une petite terrasse à droite (5m d’escalade pour l’atteindre). 

Pendant 70 mètres, le terrain est raide et l’escalade assez malaisée (un passage de IV sup). Ensuite, le terrain se couche, et on tire plus ou moins à droite pour atteindre le fil de l’éperon. On remonte celui-ci juste à droite du fil jusqu’à une belle mais courte dalle sombre en excellent rocher et une excellente terrasse où l’on peut enfin s’asseoir commodément pour dévorer son pique-nique, noué si possible dans une serviette à carreaux rouges et blancs. Toute cette partie qui se déroule sur le fil de l’éperon n’est pas difficile (II et III), mais le rocher se présente comme un toboggan finement délité et dépourvu de fissures friendibles et coinçables: 2 ou 3 pitons permettront de faire des relais dignes de ce nom. Aucun becquet sur 200m.

On quitte la terrasse du déjeuner en traversée à gauche, pour aller chercher dans la facette sud de l’éperon une cheminée pourrie, mais facile qui amène au sommet. Cette traversée, au témoignage du sémillant solitaire qui nous a dépassés ce jour-là, « est quand même assez péteuse ». Au témoignage d’Erwan, elle « est plein gaz! ». Ce que j’en dis, c’est que j’ai envoyé valdinguer un bloc de la taille de deux têtes comme la mienne, et que le bruit de sa chute n’a été retransmis que par les éboulis trois cents mètres plus bas. Bon, c’est jamais que du III pourvu d’un pas de IV, on y passe moins de temps qu’à farfouiller dans son panier à provisions dix mètres plus au nord. 

On est revenus par le Pic de Troumouse: très intéressante mais difficile à décrire, la descente par l’arête est du pic de Troumouse. On en suit le fil en schistes sombres jusqu’à ce qu’il plonge raidement, de plus en plus raidement vers la vallée de Barrosa. On chemine parfois à droite, parfois à gauche, jusqu’à trouver lègèrement sur la droite un premier petit mur en calcaire gris foncé qui se débite en rognures d’ongles: 10m de II sup. On suit une corniche vers la droite, et là on trouve un rappel de 8 m. dans un dièdre (en 1991 je n’avais pas fait ce rappel, ne me demandez pas par où on était passés). On descend un pierrier en visant la crète issue du port de Barrosa, on desescalade (I voire II) une corniche en très bon rocher, diagonale, puis on descend encore un épaulement de calcaire blanc jusqu’à dominer une brèche qui marque la fin de l’arête du pic de Troumouse elle-même. On tourne à gauche sur une vire caillouteuse, on descend un couloir 10m puis on revient à droite par une autre vire caillouteuse et on met les pieds par terre, on est à 5 minutes du port de Barrosa.

Cet éperon du Petit Pic Blanc tient une place amusante dans l’histoire de nos buts: en 2000 je suis parti (à 8h..) avec Erwan de Piau. À midi à l’attaque, coincés dans la rimaye, assourdis par le soleil, on s’est mollement équipés puis on a mollement tout remis dans les sacs pour redescendre faire des ricochets dans le lac de Barroude. Il faut dire que la veille on était montés au Balaïtous par l’aiguille Lamathe, et affronté six heures d’auto. En 2008 avec Jean-Christophe, j’ai eu la bonne idée de dormir au refuge de Barroude le soir du jour où on a gravi la face nord de la Pène Blanque (ou du Pène Blanque? Que faut-il dire? C’est masculin comme les pènes d’Esperracade ou d’Arriélère etc?), dans l’intention de revenir à Troumouse par ce fichu éperon. Malheur de ma vie: le matin, au petit déjeuner, pendant que je me faisais des tartines, un vieux fanfaron a divagué pendant trente minutes sur le thème, cher aux promeneurs qui s’égarent entre le GR et le HRP, des accidents en montagne, enterrant au passage les ouvreurs de la voie et faisant s’écrouler les trois quarts de l’Arbizon sur un hélicoptère. Ceux qui auront lu Tintin en Écosse rappelleront à leur mémoire le vieux qui parle de LA BÊTE et des curieux qui n’en sont jamais revenus. Mon curieux à moi a renoncé après douze minutes de pentes d’herbe, on n’a même pas atteint le pierrier. Ce n’est pas grave, le montagnard, disait l’autre, sait attendre et recommencer. C’est tout de même une raison de plus que j’ai mise dans mon petit sac d’éviter soigneusement les refuges.

Si d’aventure notre compagnon toulousain du jour lit ces lignes, et que par extraordinaire il ait le projet de s’encorder pour quelque voie perdue de la chaîne, qu’il sache que je suis partant.



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