Néouvielle, Bugatet, Arêtes et Dièdre nord-Ouest, et Face Ouest du Pène Esperracade.

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Les bonnes idées naissent parfois de lamentables erreurs. Nous avions acheté le topo de Pascal Ravier sur la Vallée d’Aure, et l’envie nous est venue de gravir le petit dièdre de la face Nord-Ouest du Bugatet. On accède à ce dièdre depuis les lacets des myrtilles. La première erreur a donc été de penser: « Le Bugatet, c’est à côté du Pic Méchant, donc on va se garer un peu avant le vallon d’Estaragne ». La deuxième erreur ce jour-là, a été de penser trouver un torrentelet pour bivouaquer.

Bref, me voici, à 21 heures, dans les feux mourants d’un crépuscule de grand beau temps, qui remonte un épaulement envahi de rhododendrons avec les deux sacs sur le dos, pendant qu’Erwan redescend en courant chercher un bidon à l’auto. Une heure plus tard, on s’aperçoit qu’on est absolument à l’opposé de ce qui doit être la face nord-ouest du Bugatet. On décide donc de réaliser l’enchaînement suivant:

1. Tôt le matin, on a gravi la face ouest du Pène Esperracade, voie Ravier si je ne me trompe, et si j’ai bien tout lu voie ouverte après avoir parcouru l’arête sud du Turon de Néouvielle, à l’occasion d’une bonne journée d’anniversaire. Comme nous on ne plongeait pas les doigts dans un gâteau à la crème aux relais, je dois avouer qu’on a trouvé l’escalade assez quelconque. Pourtant, dieu sait si j’aime les schistes pourris et les lames d’ardoise en équilibre! Mais cette petite paroi (300 m.?) manque un peu de relief, ce sont de vagues éperons et des vagues cheminées redressées, dans une difficulté Dsup ou TDinf. Enfin c’est allé vite.

2. on a suivi l’arête vers le nord. Ce qui amène à gravir le ressaut en forme de proue de cuirassé de 1890 du Bugatet, et ça c’est réjouissant, c’est en IV et ça mesure 150m.

3. Du sommet du Bugatet, on a renoncé à suivre l’arête Nord, pour préférer la Nord-Est. Façon amusante et pleine d’herbe de perdre 5oom. de dénivellé.

Il a fallu contourner tout le bourrier vers l’Ouest. Parvenus au-dessus d’une brèche, j’ai désescaladé des plaques vraiment raides et dangereuses, pendant qu’Erwan rejoignait la brèche et roulait dans un couloir d’éboulis très poussiéreux. Deux solutions pour un même résultat: mourir de soif dans un pierrier de schistes rouges orienté à l’ouest en milieu d’après-midi. inutile de dire qu’on n’avait plus d’eau à ce moment-là. On s’est cachés sous une barre rocheuse, comme des brebis, pour descendre en température.

4. On a remonté ce fichu pierrier, le topo à la main, en essayant de faire coïncider la description avec le croquis de Pascal Ravier : c’est le croquis qui est erronné, la voie de ce petit dièdre de 180m. est plus à gauche qu’indiqué. Un amusant petit gendarme marque la sortie. L’attaque est dans une dalle compacte. On remonte une belle cheminée entre les deux. C’est une voie ravissante, en IV et V soutenus, en très bon et même excellent rocher.

5. C’est en débouchant sur l’arête que j’ai compris que le soleil se couchait. On a mis les tennis en un quart de temps et on a remonté en courant tout ce qu’on pouvait. La nuit est tombée quand on approchait du sommet, et l’obscurité est devenue complète sur l’arête ouest du Bugatet, qu’il n’est pas tout à fait facile de redescendre. Dois-je préciser que nous n’emportons jamais de lampe? On est restés encordés, et on s’est assurés soigneusement dans un terrain que l’on ne m’en voudra pas de ne pas décrire. Des sortes de dalles, voyez-vous, plutôt sur le versant ouest de l’arête, mais peut-être bien aussi sur le versant est, avec des passages à contourner… Bref. À un moment j’ai désescaladé une cheminée qui me paraissait immense. On aura remarqué que sous une nuit étoilée des objets brillent intensément (pierres blanches) tandis que d’autres (herbe, schistes rouges) sont absolument obscurs. Je regardais au-dessous de moi un pierrier qui me paraissait à une distance infinie, et où brillaient de minuscules points blancs. À tâtons, je descendais les pieds l’un après l’autre. Et tout d’un coup, mon pied a touché ce sol de graviers que je croyais se trouver cent mètres plus bas! Le plus périlleux aura été de nous frayer un chemin dans la partie basse de ce pierrier, occupée de très gros blocs et de pièges à loups pour les chevilles.

On est devenus en une journée des spécialistes du massif, et l’été suivant on est même devenus des sommités mondiales, puisqu’on est revenus gravir la face nord du Bugatet et explorer une voie au Pic Méchant (« dièdre central de gauche »). Ajoutons à cela la face nord classique du Pic Méchant, et l’éperon ouest du Pène Esperracade, et on comprendra que nous ne sommes pas rancuniers.



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