éperon brau, attaque

Eperon Brau (1)Et voici l’attaque de l’éperon Brau, aux Spijeoles. Il s’agit, un peu plus bas que l’attaque du Grand dièdre, à la limide des schistes rouges, de contourner la base de l’éperon.



Soum de Ramond, arête sud

DSC_0979Soum de Ramond Arete sudEncore une belle promenade compliquée d’un pas d’équilibre au milieu de nulle part! Merci J et P Ravier, et merci Passages Pyrénéens. À Ordesa, le haut niveau se trouve en bas, et les vacances se déroulent en haut: n’y changez rien. On pourrait conseiller à des possesseurs de superguides ou à des maniaques du laçage et des bandes velcro d’enchaîner la Vie des Bordelaises, la Tour de Gaulis et l’arête sud de la Soum de Ramond, puisque cette collection de ressauts est sur une même pente et se prête à l’alternance tennis/chaussons. On a constaté que l’approche décrite dans Passage pyrénéens est valable si l’on vient d’Añisclo, mais pas d’Ordesa: le plus rapide dans ce cas est de passer au pied de la Tour de Gaulis et d’aborder la vire du départ à gauche de l’arête (cinquante mètres à l’horizontale) plutôt qu’à droite (quatre cents mètres). Il serait chafouin de faire à quiconque le reproche de la méconnaissance de ces lieux, car c’est quand même pas facile de s’y retrouver, même pour Erwan et moi qui revenons souvent dans ce paysage magnifique.  

Il faisait très froid avec une petite brise insistante, et les reliefs se sont trouvés accrochés assez tôt par des nuages de blizzard le jour de notre ascension. Dans ces conditions la première longueur est toujours la plus éprouvante, et elle s’est soldée par un gag: le rocher est excellent, à peu près vertical et très abrasif (le grès à surface de crépi typique des envers de Gavarnie). On se protège bien, et si on a la chance d’avoir de la sensibilité dans les mains et les pieds, c’est une escalade très agréable et pas tordue. Erwan m’assurait en grelottant , et au moment où je sortais sur la vire supérieure, il m’a crié: « T’as trouvé un nid de vautours? » Car voici le spectacle que j’offrais à contrejour: des paquets de plumes blanches voletaient autour de mes bras qui cherchaient à les rattraper, c’est ma doudoune qui venait de se déchirer au contact d’une pointe du crépi de cet excellent rocher. 

Après ce premier ressaut, on remet les tennis jusqu’au pied d’une deuxième barre. C’est ici que se trouve le pas de Vsup du topo, dans du calcaire gris et jaune. On gravit quelques mètres dans une fissure immédiatement à gauche du fil, puis on se rétablit à droite (un piton étêté bouche une prise), en quelques mouvements d’adhérence qu’il ne faut pas faire de travers, parce qu’on se retrouverait à plat sur la bonne terrasse d’éboulis où le second prend le soleil. À mi-longueur on est sur une dalle couchée, au pied d’un mur en rocher fracturé qu’on gravit à nouveau vers la droite, puis directement. On remet à nouveau les tennis. Le troisième ressaut est le plus élevé, on y fait deux longueurs, plusieurs passages sont possibles. Une dernière barre propose un peu d’escalade, et on rejoint le cairn de ce beau sommet sauvage. On a été tout contents de croiser au cours de cette ascension une vire qu’on avait suivie en 1998 et qui nous avait permis de contourner toute la Soum de Ramond un jour d’orages pluridisciplinaires avant de la gravir à la faveur d’une éclaicie vespérale. Je ferai peut-être un jour le descriptif de cette belle randonnée qui nous avait conduits de hasards en hasards du col de Boucharo jusqu’au sommet du Vallier, en passant par le Pic Russel et la Forcanada. En passant sur cette vire de la Soum de Ramond, les sacs chargés de courses faites à Gavarnie, on ne se doutait pas que la prochaine épicerie se trouverait à Benasque!

On est descendus de la Soum de Ramond par son arête ouest, en direction du Mont Perdu: on s’est réencordés sur cent cinquante mètres et sous une bonne risée de grêlons, parceque c’est assez aigü et exposé. Très jolie, cette petite arête, au demeurant, très valable voie d’ascension. PDsup sans doute. On est remontés au Mont Perdu, puis retour à la tente et baignade au milieu des prairies qui, elles, ont été au soleil tout le jour que nous venions de consacrer à la visite d’une entreprise frigorifique. Belle course éloignée, Dsup, escalade en IV avec un passage de V exposé, quelques coinceurs et friends, encordement à 50m.

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Piton Carré, face nord.

Piton Carré, face nord. dans Escalade TD piton-carre-face-nord-voie-ravier-116x150En attendant qu’on m’envoie des photos, et avant que je ne l’égare, voici un croquis de la voie qui raviérifie cette petite paroi mystérieuse. On avait un invité-surprise ce jour-là, qui grimpait avec un encombrant appareil photo sous le bras, et Erwan avait par extraordinaire des piles et de la mémoire dans son appareil à lui, ce qui fait que le 13 août dernier devrait passer dans l’histoire comme le jour de l’ascension la mieux documentée de l’été.



À Cotiella, le Pic 1 s’appelle la Picollosa

Et voici un panorama, l’arête gravie en 2011 est à gauche. cf ci-contre la page: « Cotiella, arête nord de la Picollosa ».

À Cotiella, le Pic 1 s'appelle la Picollosa dans Escalade TD picollosalow-300x100



Balaïtous, Crête du Diable, éperon de la dalle de la Pierre Levée.

 

Balaïtous, Crête du Diable, éperon de la dalle de la Pierre Levée. dans Escalade TD crete-du-diable-150x106dalle-diable-2-150x112 dans Escalade TDdalle-diable-4-150x112diable-face-est-1-150x112dalle-diable-3-150x112diable-face-est-2-150x112crete-du-diable-face-est-de-la-pierre-levee-115x150

Depuis le pic Cristail jusqu’aux derniers gendarmes de la crête du Diable, on a plusieurs aperçus sur un grand bouclier de dalles lisses et polyfissurées qui est à l’aplomb de la Pierre Levée, versant est. Le souvenir de mes lectures hivernales du guide Ollivier dans les années 80 m’assurait que Flematti et Desmaison avaient grimpé de ce côté-là. Une petite séance de recherche sur le web en juin dernier m’a permis d’imprimer quelques topos, qu’Erwan a soigneusement rangés dans un sac la veille de la course et oubliés le matin, ce qui fait qu’on a fait ce qui devient une habitude, on a improvisé.Vue d’en bas, cette grande dalle m’a parue plus raide et les fissures moins exploitables que je ne le pensais. On a été attirés par un fort joli dièdre noir et vertical qui est à gauche de l’éperon bordant ces dalles au sud.

J’ai attaqué dans une ligne de fissures à droite de l’éperon, pour basculer à gauche au-dessus d’un dévers, en pleine dalle (V, 3 pitons ou spits, puis un pas de 6a pour traverser à g.). Relais sur microfriends, plein gaz, 50m., rocher magnifique. On est dominés par un gros toit orange. Traverser à gauche, franchir le fil de l’éperon et relais sur becquet, V. remonter une ligne de dièdres en direction du dièdre noir bien visible d’en bas (V, Vsup). Remonter ce dièdre, Vsup, et relais sur une excellente terrasse. Trois pas de GRV (Gymnastique Rythmique au Vol) permettent de sortir au-dessus à gauche le long d’un bloc cubique proéminent, bien visible d’en bas lui aussi (Vsup, A1), puis des rochers moins raides amènent à une nouvelle terrasse confortable. De là, on pourrait rejoindre un couloir à gauche pour rejoindre la brèche au pied du trident nord. Il est certainement plus intéressant de repasser à droite de l’éperon pour gravir des dalles couchées jusqu’à la crête (III et IVsup). En quinze à vingt minutes de progression corde tendue, vers le nord, on arrive au pic Soulano. On en redescend le long d’une grosse échine plein est.

La fissure par laquelle on a attaqué s’est révélée être plus ou moins équipée. Il s’agit d’une fissure joliment sculptée, compacte, qui fend la dalle de la pierre levée sur toute sa hauteur, mais qui est généralement bouchée en son fond, peu utilisable avec des coinceurs. Erwan a examiné cette ligne toute la matinée, et a vu briller des petits morceaux de métal de part et d’autre, tous les quinze ou vingt mètres. Elle est donc à peu près équipée, mais il n’y a apparemment pas de relais en place. On a trouvé une plaquette aussi au relais juste au-dessous du pas d’A1. Et le cheminement qu’on a suivi à partir du dièdre noir correspond au tracé d’une voie sur un topo du guide Ollivier, on l’a su au retour… Très belle escalade en tous cas, TD soutenue, 230 mètres, excellent rocher. Coinceurs et friends.

On a comme toujours campé à mi-chemin du refuge Ledormeur et des moraines de Las Neous. Le premier jour, on s’est promenés du côté de Costérillou puis du Cap Peytier Hossard, et le deuxième on a fait la voie et on est descendus boire dans le val d’Azun. L’approche, par la brèche de Las Neous, est rapide jusqu’au pied de la face est de la Pierre Levée, on n’a même pas à redescendre pour contourner les contreforts du Pic Soulano.

 

 

 



Doigt de Pombie, Face est et remontée au Rein de Pombie

 

Doigt de Pombie, Face est et remontée au Rein de Pombie dans Escalade TD ossau-doigt-de-pombie-face-estlow-107x150doigt-de-pombie-face-est-7-150x112 dans Escalade TDdoigt-de-pombie-face-est-6-150x112doigt-de-pombie-face-est-5-150x112doigt-de-pombie-face-est-4-150x112

Cette course est la preuve qu’on peut s’améliorer à force de boire du rouge et de manger du fromage cru: car moi qui avais fabriqué des crampes à la sud-est de la Jean Santé, sous prétexte de dülfer en Vsup, non seulement je n’ai pas connu cette sorte de déconvenue à cet autre endroit bien ensoleillé du massif, mais j’ai même grimpé en beau style les passages qui le requièrent, à l’exception bien sûr du dièdre en 6a, où j’ai tiré au friend comme tout le monde. Suprème contentement, j’ai recueilli un Erwan vidé de son énergie coutumière au troisième relais, il n’avait pas retouché l’Ossau depuis la ONO en 2003, le pauvre, c’est vrai qu’on oublie. Après un bon repas tout en haut des terrasses d’herbe, il s’est montré d’attaque pour deux ou trois longueurs pas hautaines qui lui ont restitué sa bonne humeur. Comme on était en pleine fournaise depuis deux semaines (nuits sans rosée!), on a attaqué exactement à l’aube, le soleil nous est tombé dessus quand on était déjà à cent mètres du sol.

Je me demande (d’autres l’ont fait avant moi) pour quelle raison la tradition minore le niveau de cette voie d’un inf, mais après tout ça ne nous regarde pas, et ça ne change pas grand chose à l’intérêt du parcours. Le topo de passages pyrénéens est très bien rédigé, je ne vais donc pas le paraphraser, les longueurs du socle sont évidentissimes. En haut des terrasses d’herbe, il me semble qu’il faut tout de suite tirer bien à gauche, une longueur, avant de revenir à droite. Le terrain est indescriptible, assez interchangeable, mais en se débrouillant bien on doit pouvoir se fourrer dans des petits pièges à souris. Le petit toit trapézoïdal est un excellent point de repère, il faut se fier à lui. La fissure « magnifique » est à sa gauche. L’avis d’Erwan est qu’on s’en fout pas mal que la fissure soit magnifique, « moi je trouve que c’est magnifique quand il y a des prises »! L’enjambée qui suit le dièdre tire-friend est très amusante, et les fissures-cheminées de sortie très intéressantes, c’est vraiment de l’escalade comme on l’aime nous ça.

J’ai déjà dit que j’aime pas les rappels? Oui je l’ai déjà dit. Qu’on ne s’imagine pas que j’avais étourdiment glissé sur la question de la descente du Doigt de Pombie, je sais très bien qu’elle consiste à glissouiller, précisément, plusieurs fois de suite le long de sa corde. Mais une attentive considération du massif m’avait convaincu que le Doigt de Pombie est un des rares sommets à partir desquels on peut continuer à s’élever! Donc, depuis la brèche (atteinte en désescalade), on est montés au Rein, dans des rochers plus ou moins redressés, AD: attaquer droit au-dessus de la brèche, puis obliquer légèrement vers la droite, on atteint des grandes dalles couchées, roses, surmontées d’un gros pli surplombant. Une portion fracturée (un piton en alu!) permet assez vite de franchir cette barre, au-delà de laquelle on trouve un peu à gauche un couloir avec de l’herbe et des éboulis. On franchit la barre verticale qui ferme le couloir là où elle est le moins haute, à gauche (trois mètres de IV). On débouche plus haut à droite sur les sentes du Rein. Bien sûr, dix-huit cheminements équivalents sont possibles, il faut juste se concentrer suffisamment pour éviter les toits de Despiau, bien visibles du Doigt. Descente par la voie normale. Et ben moi je trouve que c’est mieux que retaper des pitons et changer des cordelettes et rappeler huit fois sa corde.

Et puis c’est bien joli les TDinf à l’Ossau, mais 3 ou 400 mètres de navigation à vue dans des rochers plus ou moins quelconques, ça permet de se sentir un peu en montagne!

Après, que je vous raconte mes vacances: j’ai nagé 20 minutes tout nu dans le lac de Pombie, pendant qu’Erwan faisait la sirène en caleçon autour d’une baigneuse en bikini. Si le thermomètre continue à grimper l’été prochain je ne sais pas ce qu’on va devenir.

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Balaïtous, Cap Peytier-Hossard, face nord

 

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Je me suis dégonflé au pied de la Tour de Costérillou! Après un moment de vague, Erwan a souhaité regravir la face ouest du Pic Rouge, nous voilà donc en milieu de matinée au col du Pabat, et un coup d’oeil jeté vers le Cap Peytier-Hossard nous a donné le désir d’en gravir la face nord: magnifiques longueurs dans un socle fort raide! Puis une navigation dans des dalles avenantes au-dessus, pour déboucher au sommet. 

La grande affaire aura été de remonter le raide glacier en peau de chagrin du pied de la face: heureusement que l’approche de la Tour le matin nous avait munis d’un piolet à panne, et d’une paire de gants de jardinier chacun, car j’ai taillé des marches dans la glace sur 70 mètres, après quoi il a encore fallu jouer dans la rimaye sur 110 mètres de droite à gauche, l’oeil à toutes les apparences de fissures grimpables. Tout ça pour attaquer la ligne la plus évidente de loin: un dièdre parfaitement régulier, assez couché, qui mène sous un surplomb. Le tout appuyé contre une vaste dalle très lisse. J’ai trouvé un vieux bout de bois coincé dans la fissure de la dalle blanche, il s’est réduit en poudre quand je l’ai effleuré pour le montrer à Erwan, ce qui signifie que des aventuriers ont visité la chose dans les années 50, et que personne n’est venu jouer avec ce bout de bois depuis au moins les années 80. Si l’on considère la longueur de l’approche, je m’imagine que la Face nord du Cap Peytier-Hossard ne sera pas la classique du massif à partir de l’été prochain. Mais pourquoi pas, justement, la coupler avec les dièdres du Pic Rouge?

Remonter le dièdre couché (IV,IVsup). En arrivant au surplomb, sortir à droite, relais au pied d’une dalle blanche fendue d’une belle fissure. Gravir cette fissure (Vsup). Gravir une nouvelle fissure parallèle au dièdre de départ, mais plus fine: Vsup puis IV. On débouche sur des dalles couchées, séparées par des vires. Atteindre et remonter la dalle la plus haute, gravir un dièdre un peu à droite, et par un dernier ressaut déboucher à quelques pas du sommet. 200m d’escalade, Dsup, soutenu et très esthétique dans le socle de base, coinceurs et friends. Piolet pour l’approche, voire crampons (glace ou neige raide pour des tennismen). Si l’on choisit de suivre la rimaye, c’est sans doute plus court de l’attaquer de gauche à droite.

La voie normal du Cap Peytier-Hossard est à l’Ouest, vers le vallon de Batcrabère et son exposition universelle de blocs. Une arête horizontale PD ou ADinf permet au sud de rejoindre la vire Béraldi et le sommet du Balaïtous. Il n’y a pas à ma connaissance de descente facile à l’est. Moi je désirais depuis longtemps connaître l’arête nord, car je lui trouve beaucoup d’allure de loin, et c’est par là qu’on est descendus: c’est rapide, facile, joli et le contraire d’emmerdant. Il s’agit de grandes dalles prisues, couchées, PDsup. Rester près du fil. Après une grande dalle plus raide que les autres, on descend dans une brêche. On remonte alors un petit tas de rochers, puis on reprend la descente pour en trouver la fin sur le versant est du bas de l’arête. Je dis ça parce que malgré les apparences entretenues en ce mois d’août 2012, j’ai le souvenir qu’on redescend parfois dans un peu de brume, sur le versant nord de notre cordillère bien-aimée.

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Gabizos, traversée, face nord des Taillades Blanques: Diabolo monte!

Gabizos, traversée, face nord des Taillades Blanques: Diabolo monte! dans Escalade D gabizos-taillades-face-nordlow-150x131Diabolo-monte-4-150x112 dans Escalade TDDiabolo-monte-3-150x112Diabolo-monte-1-150x112Diabolo-monte-2-150x112Diabolo-monte-5-150x112

Un diable habite dans tous les pyrénéistes à l’approche d’une voie: il dévisage les montagnes autour de lui et communique au grimpeur le désir irrépressible de gravir un motif imprévu. Ce matin du mois d’août, tandis qu’on montait sagement vers les Taillades Blanques, avec le projet naïf de traverser les Gabizos, ce diable nous a signalé une ligne provocante en plein milieu des parois blanches des Taillades. Ce matin-là, Diabolo est monté! Excellente et très appéritive façon de commencer la traversée des Gabizos.

De la cabane de Larue, emprunter le chemin qui monte vers les Taillades Blanques. À distance, le grand dièdre de Diabolo Monte nous apparaît sous la forme d’une grande cheminée verticale, très bien dessinée, qui fend en son milieu le socle de rochers blancs des Taillades. Un surplomb convulsé se signale aux deux tiers. On quitte le chemin pratiquement à la base de la paroi, et on traverse un pierrier vers l’est sur deux ou trois cent mètres. L’attaque est au pied du dièdre. 

Remonter ce dièdre sur une longueur et demie: IV soutenu, V, rocher magnifique, le pan droit du dièdre est parcouru de très jolies cannelures. Après une veine de rocher noir compact, obliquer à droite, franchir une nervure et faire relais 8 ou 10m au-dessous du surplomb. Ce surplomb est défendu par un talus de copeaux moussus: ne pas s’y engager, mais longer la base de ce talus une douzaine de mètres, pour gravir une vague cheminée en rocher délicat. On atteint un balcon entouré de murs réguliers: surmonter le petit éperon de gauche (V), on arrive sur les dalles couchées qui mènent au sommet. Les gravir en se tenant sur l’éperon qui borde la cheminée principale. D ou Dsup, 200 mètres, 1 à 2 heures d’escalade. Coinceurs et friends, deux pitons utiles (on n’en avait pas, on avait juste de quoi faire la traversée des Gabizos, qui est ADsup).

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Vignemale, éperon nord de l’Aiguille des Glaciers

 

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Au cours de l’extraordinaire période de beau temps de ce mois d’août, on a cherché l’ombre le long d’une valeur sûre: l’éperon nord de l’Aiguille des Glaciers au Vignemale.

La notice du Guide Ollivier commence par décrire un cheminement compliqué à l’est de l’éperon, avant de suggérer une attaque par l’ouest. C’est ce que nous avons choisi de faire. De ce côté-là, on voit de très loin un gros surplomb jaune en forme de losange: il faudra le rejoindre. A mi-hauteur entre lui et nous au moment d’attaquer, on remarque un dièdre bien régulier, gris et fissuré, auquel amène une veine d’ophite. Remonter cette veine, puis la quitter pour faire relais à gauche sur un excellent becquet sous un mur vertical. Une fissure horizontale à droite amène au pied du dièdre régulier, qu’on ne gravit pas: une nouvelle traversée à gauche amène à la hauteur de ce qui doit être le gendarme « bien visible depuis le chemin du Centenaire » évoqué par Ollivier. On ne le rejoint pas non plus: des fissures s’offrent, raides et en bon rocher, on les remonte et on en sort à droite, pour rejoindre encore à droite un grand dièdre couché que l’on remonte jusqu’au gros surplomb jaune en forme de losange. On le contourne par la gauche: mur vertical, très bonnes prises, un piton bleu. Nouvelle cheminée, nouveau surplomb (ophite), nouveau contournement par la gauche, et on prend pied sur le fil de l’éperon, moins raide sur cent mètres.

Remonter un terrain facile. On laisse un gros surplomb sur la gauche, pour gravir à droite de belles dalles compactes en direction d’une ligne de fissures raides à droite. Gravir ces fissures, deux pitons, puis revenir à gauche pour rejoindre le fil de l’éperon qu’on ne lâche plus jusqu’au sommet de l’Aiguille.

La portion de crête horizontale qui suit réserve des surprises: d’abord, c’est plutôt aérien, ensuite le rocher est fragile (taillantes qui sonnent creux), enfin Ollivier nous annonce un passage « dangereux ». Dieu sait si on en a vu, des rochers pourris, et si je désapprouve les manoeuvres de corde, mais là Erwan est remonté de sa petite désescalade plus loquace que jamais, et on a fait un rappel de 20 ou 30 mètres sur le versant est pour remonter sans problème à la brèche suivante. De là, on gravit sur le fil ou à la droite du fil l’arête qui remonte à l’Epaule de la Pointe Chausenque. Une grosse tour croulante prétend s’interposer: on gravit quelques mètres de front, puis on suit une vire à droite pour remonter sur des talus de clochetons au-dessus.

Voilà qui fait 702 mètres de dénivelé bien employé, le chiffre annoncé est amusant parce qu’il n’est pas du tout évident de déterminer l’endroit exact où finissent les dalles de moraine et où commence l’éperon. Il est vrai qu’à l’époque de la première le Vignemale était un massif enneigé. Le rocher est généralement bon, même très bon quand c’est raide, mais on sent que ce n’est pas la voie la plus fréquentée du massif. Il est fragile sur tout ce qui s’apparente au fil d’un éperon ou à une arête. Le cheminement, très varié, requiert une attention flottante, mais constante. Il ne faut pas sous-estimer la traversée depuis l’Aiguille jusqu’à l’Epaule, c’est grand!

Cette course est plus difficile que l’éperon nord du petit Vignemale, beaucoup plus aventureuse que la face nord classique de la Pique longue, plus facile mais sans doute plus longue que l’éperon Nord Ouest de la Pointe Chausenque, l’ambiance y est originale et sauvage, les montagnes autour sont splendides, bref le seul reproche qu’on peut faire à cette course magnifique une fois qu’on l’a réalisée, c’est qu’elle ne laisse plus qu’un trou à boucher au milieu du versant nord du Vignemale, et que le couloir qui mène à ce trou est un peu plus sec chaque fois que je monte aux Oulettes de Gaube.

On s’est félicités d’avoir pris un but il y a deux ou trois ans Erwan et moi face à l’Aiguille des Glaciers: montés depuis Ossoue avec le matériel de l’intégrale du Marboré, à savoir un seul brin de corde, 5 friends et 4 wall nuts, dans l’idée de parcourir l’autre voie Ollivier (face nord-est), on s’est sentis tout timides devant cette Méditerranée de roches couchées, et on s’est rabattus sur l’éperon du Petit-Vignemale. Armés d’un rappel et d’une panoplie un peu plus complète d’ustensiles, on a quand même moins l’impression de faire n’importe quoi.

Dsup, coinceurs et friends, sangles. Pas pris de pitons. Il ne nous a manqué qu’un cubi de vin à la Villa Meillon. Retour par l’arête du Petit-Vignemale.

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sept 2013: Je viens de découvrir le blog de deux grimpeurs espagnols qui font figurer sur leur croquis de cette voie la cordelette jaune (cordino amarillo) que j’ai posée l’an dernier pour faire le petit rappel à l’est! Ça m’a mis de bonne humeur! Leur croquis est intéressant, parce qu’ils ont évité les filons d’ophite du départ et le dièdre surmonté d’un surplomb jaune que moi j’ai choisis précisément. On n’est pas d’accord sur la qualité du rocher, qu’eux ont jugée mauvaise (roca mala), mais c’est peut-être lié à ces choix de cheminement au départ? En tous cas ils ont aimé l’endroit, puisqu’ils ont fait durer le plaisir jusqu’à 23 h! voici le lien:http://hermanosgalve.blogspot.mx/2013/08/cara-norte-aguja-de-glaciares-vignemale.html

 

 

 

 



Aiguille de Perramó, traversée.

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Voici deux semaines, on redescendait de l’Aneto, et Erwan en était à sa quatrième caña, quand tout d’un coup il nous a dit: « En 98, on est passés au pied d’aiguilles incroyables dans le massif des Posets! » On a fourré une corde, six mousquetons, trois friends et six wall nuts dans un sac, et on est montés bivouaquer dans le vallon de Bastisiella, avec le projet excitant de parcourir un tas d’arêtes schisteuses. La surprise fut de taille: pas le moindre bout de schiste ou de gravillon quand le soleil fut venu, mais tout simplement le meilleur granite du monde disposé en grandes dalles parcourues de fines fissures. Bientôt des photos. On y est comme des cigales aux relais sur le tronc d’un sapin, et comme des fourmis dans les longueurs, toutes pattes adhérées au rocher.  

On attaque tout à fait en bas de l’éperon nord (nord-est) de l’aiguille de Perramó: la course est faite de temps en temps, et il y a un cairn au départ. On trouvera deux pitons dans la voie, et des sangles autour des petis sapins. N’en rajoutez pas. Le cheminement que j’ai suivi n’est sans doute pas toujours le plus facile, mais il est direct et logique. La première longueur, par exemple,  est sans doute plus facile à droite de l’éperon. On a fait des longueurs de 35-40 mètres, parce qu’on était trois sur un seul brin de 50m. 

Gravir, juste à gauche de l’éperon, une fissure formant un léger dièdre en bas, et que décore un bloc surplombant au milieu. Quand elle rejoint le fil de l’éperon, atteindre à droite un petit sapin pour le relais. Gravir à droite un joli dièdre, puis un autre plus court, surmonter un petit mur difficile et relayer à l’ombre d’un autre petit pin. Remonter une fissure double jusqu’à une grotte ombreuse et fraîche. En sortir à gauche, passage un peu surplombant, puis par une dülfer exposée gagner la pointe du premier ressaut. Traverser la crête horizontale jusqu’au ressaut suivant. Gagner un petit pin par une cheminée. La dalle au-dessus est ornée de fines fissures: gravir celle de droite, puis après vingt mètres gagner une autre fissure qui part vers la gauche. Relais sur une bonne vire. En sortir à gauche, suivre une fissure, et puis gravir une cheminée puis une dalle lichéneuse (difficile), ou (plus commode) un très beau petit dièdre à gauche du fil de l’éperon. Une brèche, une dalle, quelques ressauts à contourner, une autre brèche qui est le point d’arrivée d’un dièdre impressionnant de la face ouest (nord-ouest), et on rejoint le dernier élan de l’aiguille: gravir des corniches, puis une lignes de cheminées qui passe par un petit sapin. 

On descend de la première pointe directement au sud sur trente mètres, après quoi on oblique à gauche (est) pour reprendre un système de vires qui amène à la brèche au pied de la deuxième pointe. Celle-ci se gravit directement par un petit dièdre clair à droite et des rochers fracturés. Descendre à toute crête, et par un crochet à gauche atteindre la brèche suivante. On atteint le sommet principal en louvoyant dans un large ressaut couché et herbeux. On descend de là vers le sud pour rejoindre un vallon à gauche ou un autre à droite, qui tous deux amèneront à la vallée d’Estós.

 Voici une course magnifique, D ou TD, sur un rocher très sûr et où tous les passages sont très beaux, III et IV et V. Dans le florilège des bonnes surprises, cette course rencontrée par hasard nous a particulièrement ravis. Comme je l’ai dit plus haut, on n’était pas du tout partis pour ce genre d’escalade, et j’ai grimpé le baudrier léger et en laissant deux ou trois points dans les longueurs – d’autant plus qu’en haut du premier ressaut j’avais bricolé un petit renvoi pour garantir la corde du frottement avec une cordelette et deux mousquetons, et qu’on a oublié ces objets sur place. Quand c’était un peu difficile, notamment dans le grand ressaut en dalle, j’ai mis des points que je récupérais au fur et à mesure en redescendant quelques mètres. Finalement il y avait des prises partout et l’escalade était toujours très précise et sûre. 

On a bivouaqué dans l’herbe à vingt minutes de l’attaque, et le lendemain on est allés se promener sur la crète Pavots-Espadas-Posets. On y a rencontré la plus jolie polonaise du monde et son bon ami Piotr, et on a été bien inspirés de ne pas les encorder pour leur faciliter le parcours de la crète qui impressionnait beaucoup la demoiselle, parce qu’on a entendu dix minutes après les avoir quittés et leur avoir recommandé de descendre le premiers grondement d’un orage qui nous a divertis de quatorze à 19 heures ce jour-là, avec grêle et regrêle et torrents dans les sentes. Erwan qui désirait depuis le jour de sa naissance parcourir ces arêtes et Jean-Christophe à qui on avait abondamment rebattu les oreilles de la merveilleuse beauté du massif des Posets n’ont pas vu grand chose d’un parcours effectué en courant dans les nuages. Pour moi, qui étais redescendu par là en 95 ou 96 avec un assez gros sac et un très fort vent d’ouest, j’ai eu le plaisir de reconnaître certaines dispositions rocheuses qui m’avaient laissé un souvenir aérien. J’avais le diable au corps (et les Cervin de Koflach aux pieds) en cette fin de siècle dernier, parce que j’étais redescendu à Viados depuis le col des Pavots. Excellent exercice de pierriers en ardoise et d’usure de la paume des mains au fond de ravins. 

Pour en revenir à l’aiguille de Perramó: des forcenés ont spité le bord droit des dalles du grand ressaut, à dix mètres d’un cheminement parfaitement logique et qui se protège à merveille au wall nut. On ne voit ces aspects de la misère humaine qu’à un court moment, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me moquer méchamment des auteurs de cette absurdité et je ne repense pas à ces belles aiguilles sans concevoir un peu de mépris à leur égard. Le relais que j’ai vu était spité à côté d’une fissure ossaloise! Je prèfère les polonaises terrifiées dans du I sup à des grimpeurs de 6b qui ne trouvent rien de mieux à faire que spiter un matin d’ennui une dalle lichéneuse, ô combien!



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