Forcanada, Dièdre nord, Voie Ravier

forcanadadn.jpgpyrnes2008058.jpgpyrnes2008061.jpgpyrnes2008065.jpgUn beau soir, à Gavarnie, nous avons découvert que nous pouvions gravir des voies TDinf. Donc, nous sommes partis pour la Forcanada. C’était en 2001, nous avions au moins 3 friends et près de 48 wall nuts, que nous n’emmenions pas tous avec nous en montagne. On traînait encore un excentrique dans une sangle. Et quelques pitons.

On attaque par un socle peu raide, c’est à peu près le point le plus bas de la paroi, pour se retrouver au pied d’un petit mur. Ce petit mur gravi, on trouve à droite un dièdre de 10 mètres. Ce dièdre surmonté, on trouve encore à droite une cheminée en IVsup et très bon rocher qui nous amène au crux. Héoui! Déjà! Le crux est une rampe raide en rocher noir, juchée sur une dalle bombée qui vous jette dans un vide affriolant. La rampe est tapissée de cristaux blancs et lisses, et de mousse verte et grasse. On peut attraper au-dessus une veine parallèle qui fait « cloc-cloc » quand on la sollicite. Il y a un piton à douze mètres: j’y ai attaché mon sac à dos, pour mon cher Erwan de second. La rampe surmontée, on fera bien de se concentrer sur la plaque arrondie et compacte qui fait suite. Et hop! On est dans le dièdre.

Le dièdre se remonte à grands coups de grandes longueurs, ou de corde tendue. Arrivé en haut, il reste un bon morceau d’arête à parcourir jusqu’au sommet. Il y a des passages un peu délicats. C’est aérien sur le fil, et très beau sur une des plus jolies montagnes des Pyrénées.

On a eu un frémissement ce jour-là le matin. On avait dormi au déversoir du lac. On buvait de l’eau chaude, quand tout à coup je dis à Erwan: « regarde, des pêcheurs! » Deux gars montaient vers nous, cent mètres de corde jaune et rouge autour du torse. Erwan a vite corrigé: « Des pêcheurs? imbécile! Grouille-toi, ils vont nous envoyer des pierres sur la tête toute la journée. »

On a caché nos affaires sous les blocs, on a fait le tour du lac en vitesse et attaqué plus à droite que nos amis les pêcheurs. On s’est retrouvés ensemble aux 4 ou 5 premiers relais. On était émerveillés de la quantité d’objets colorés qui pendaient à leurs baudriers. On n’avait jamais vu de micro friends, et là il y avait tout le rayon du magasin de Bénasque (je l’ai su depuis). C’étaient des catalans. Leur topo indiquait des pas de A1 et A2. Celui des « Cent plus belles » indiquait du VI. Il est dommage que dans les éditions récentes cette belle voie ait été remplacée par une falaise de 500m située au-dessus d’une route.

Je n’ai pas trop lambiné dans le crux, et Erwan m’a rejoint à grands coups de reins avec ses deux sacs, un sur le dos, un mousquetonné entre les jambes. On a entendu les pêcheurs pitonner en contrebas, et on ne les a pas revus de la journée. Le retour du sommet est long, il faut filer vers le sud, rejoindre un col que l’on franchit vers l’ouest, et revenir au nord vers le bas de la paroi et le petit lac charmant. Il faisait nuit quand on a revu nos pêcheurs descendre assoiffés, silencieux, contents comme tout, comme nous et comme tous ceux qui montent sur la Forcanada.

Une fois que je cherchais des oiseaux du côté du port de Vénasque, j’ai pris quelques photos de la belle aiguille bicéphale. L’une de ces photos est prise en visant au par l’un des orifices de ces petites jumelles. On y voit très bien la partie supérieure du dièdre, et son inclinaison véritable, et on apprécie bien la petite crète qui reste à parcourir depuis la sortie jusqu’au sommet.




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