Iztaccíhuatl, voie normale

 

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iztacchuatl2.jpgJe suis remonté à l’Iztaccíhuatl la semaine dernière, alors je saisis l’occasion d’en faire un petit croquis. Ce sommet de 5300m. se trouve tout à fait à l’extrémité occidentale de la chaîne pyrénéenne, dans le massif volcanique où se trouve la bonne ville de Mexico, au Mexique. On monte en auto à Paso Cortés: rappelons que c’est par ce col à 4000m que ce vieux fripon d’Hernan est passé pour prendre la ville de Tenochtitlán, et que comme il n’avait plus de poudre à canon et que les Wall Mart étaient fermés il est allé gratouiller du soufre dans le cratère du Popocatépetl, à 5400m d’altitude. Depuis une dizaine d’années le Popo est en éruption et on n’a ni trop le droit ni vraiment l’envie de s’en approcher: cf photo sélectionnée par Erwan vendredi. Erwan ne regarde pas la télé, il ne lit pas ce blog, il a jeté les Cent plus belles, il ne faut pas lui poser de questions: il a les yeux sur la webcam de Paso Cortés du matin jusqu’au soir. On sera donc les premiers au courant le jour où la fumerole qui vit sur le cratère aura disparu.

On monte à Paso Cortés en auto, depuis Amecameca, et on attend en grelottant que le gardien ouvre la barrière, ce qui a lieu entre 6 et 7 heures 30 le matin. On se gare à la Joyita, nouveau parking en contrebas de la Joya, à 3900-4000m d’altitude. La voie normale de l’Izta remonte de là l’arète sud du massif, en évitant les Pieds par le versant ouest. C’est un bon chemin qui monte jusqu’à un premier col en 40 minutes. On passe versant est (fort soleil le matin) pour atteindre un deuxième col au pied des Pieds. L’Izta est une femme endormie, et son ascension est excitante.

Versant ouest des Pieds, on s’élève (abris dans des barres rocheuses) jusqu’à un nouveau col au nord des Pieds. Murettes. Le chemin continue dans les sables versant est, mais il est préférable de monter à toute crète vers le nord (deux ressauts à contourner par la droite). Nouveau petit col, puis refuge en zinc à 4750m. On peut y dormir, c’est froid et souvent humide. Au-dessus du refuge, trois cents mètres de sables et rochers redressés amèneront au Genou inférieur où finissent de s’auto-détruire les restes hirsutes d’un ancien refuge. On gravit ces rochers sur le fil de l’arète, et à l’endroit le plus redressé sur son versant est. C’est là qu’on se rend compte en général qu’il vaut mieux être acclimaté. C’est à cet endroit que ces vieux apaches de guides mexicains choisisent d’amener leurs clients à 5 heures du matin pour que ceux-ci déclarent préférer redescendre. Repérer depuis le refuge un couloir d’éboulis ou de neige qui descend depuis les genoux et passe juste à gauche d’une barre rocheuse horizontale: flèche num.3 sur le croquis, ce couloir est la descente pratique.

 Le premier Genou est à plus de 5000m. On suit l’arète, on contourne le deuxième genou par un chemin en écharpe versant est, et on atteint une petite pointe d’où il faut redescendre au nord pour mettre le pied sur le glacier de l’Estomac. Le glacier est horizontal, mais la petite pente à descendre peut nécessiter l’emploi de crampons ou d’un piolet.

Au bout du glacier de l’Estomac, on est au pied d’un rocher qui évoque beaucoup la Fausse Brèche à Gavarnie. On parcourt une arète vers l’ouest (odeurs de soufre), et on atteint l’arète sud du Pecho (poitrine) que l’on remonte sur le fil avec des crochets à droite (est) jusqu’au sommet. Le Pecho est un plateau glaciaire bordé de quatre bosses qui toutes sont à la même hauteur ou à peu près. Atteindre la première bosse valide l’ascension, mais il vaut la peine de se promener de l’une à l’autre. Le paysage dans lequel se déroule toute cette ascension est splendide, faut-il le préciser? Peu de volcans offrent une telle diversité d’aspects, on évolue sur un équivalent des pics de la Cascade, du Marboré, des Posets.

Le niveau de l’ascension est PD. L’Izta est aussi variable dans son aspect que le Mississipi de Lucky Luke: parfois si sec qu’on ne touche pas la neige en dehors des glaciers, et d’autres fois enneigé depuis Paso Cortés. Comme l’arète principale est au sud, ça peut se ramollir dès le matin. Je n’ai emmené de crampons qu’une ou deux fois dans des conditions d’enneigement abondant, de vent de nord, et pour visiter le versant ouest. La semaine dernière j’ai taillé des marches sur 200m avec Alexandra et Arnaud qui ne sont pas habitués comme moi à courotter en tennis sur des pentes de neige. Les passages un peu délicats sont la descente sur le glacier de l’Estomac (quand il y a de la neige dure) et l’arète sud du Pecho (escalade facile mais exposée sur un rocher gravillonneux). Il est plus important qu’ailleurs d’être acclimaté à l’Izta, parce que le parcours d’arètes à plus de 5000m avec les nombreuses remontées que cela impose à la descente peut être redoutable. 

On suit à la descente le cheminement de la montée.

On se méfiera des orages qui peuvent se former vite et être extrêmement violents. La descente vers la Tête n’est pas facile (glace) et est exposée. Comme c’est le cas pour toutes les femmes endormies, la tête est très loin de tout. Avouons que peu nombreux sont les hommes qui s’intéressent à la tête d’une femme, endormie ou non, dont ils viennent de visiter les moindres recoins depuis les pieds jusqu’aux tétons. 

Une ascension à la saison des pluies est souvent magnifique, il faut un jour et demi de beau temps pour transformer la neige. On peut aussi aimer le blizzard: à la tête justement,on est montés Erwan et moi dans un champ de neige épais et sous un ciel dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas amical (tempête tropicale sur la côte Pacifique et cyclone dans le golfe du Mexique).

Les Pieds forment un beau sommet, mais un fois qu’on en est redescendu on n’a pas envie de remonter vers les genoux. Pour ma part je n’ai jamais essayé d’enchaîner tous les sommets dans une journée.

On peut apparemment s’échapper de la zone des sommets par le versant est de l’Estomac. On peut aussi descendre: 1-depuis le sommet ouest du Pecho dans des pentes au sud-ouest: terrain très désagréable, passages à trouver entre d »immenses barres rocheuses. Ce n’est pas plus rapide que la voie normale. 2- depuis l’extrémité nord du glacier de l’estomac dans un vallon orienté au sud-ouest: terrain assez désagréable également, mais plus facile à trouver. Dans ces deux cas, on aura le choix vers 4500-4600m de remonter vers le refuge de l’arète sud, ou de chercher un passage à peu près à l’aplomb de l’Estomac dans une barre rocheuse (flèche num.4) afin de poser le pied sur des pelouses qui amènent à un col au sud et au vallon où est garée l’auto.

la Flèche num. 3 indique le couloir pratique pour la descente depuis le Genou inférieur: c’est vingt mètres à l’ouest du débris de refuge (il faut donc y remonter) qu’on trouve l’origine de ce couloir, d’abord détestable, puis très coulant.

Si on est monté en taxi depuis Amecameca, on peut descendre à pied jusqu’à cette petite ville. Erwan et moi on a fait ça fin juillet 2006: après une ascension  faite le matin, on est arrivés à Amecameca à minuit. La forêt est vaste et le dénivelé important. Il y a des toros noirs à la lisière de la forêt, et pas de chemin pour entrer dans cette forêt. Plus d’informations sur jouetavieàpileouface.comunahuri.

 

 

 

 



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