La Bolivie en 2015, Jankho Huyo, traversée.

Cordillera real, janq'u UyuVoici un toponyme à la Tintin, avec une altitude de 5512m. On le trouve écrit aussi Janq’u Uyu. Il faut maintenant que je retrouve le nom de la vallée aux trois grands lacs qui permet d’y accéder. Piste interminable mais qui ne fait pas trop peur pour une fois, depuis le village de Peñas. C’est le livre d’Anne Bialek consacré à la Cordillère Royale qui nous a proposé la course. Je vais tout de suite dire du mal de ce livre  afin de ne plus avoir à y revenir: il ne s’agit pas d’un topo-guide à proprement parler, mais d’une brochure publicitaire pour une agence de guides de la Paz. Le point de vue des textes est celui de la meilleure cliente de cette agence, qui s’est fait emmener un peu partout. Ce point de vue ignore la différence entre difficulté et exposition. Il ne permet pas de décrire un cheminement en paroi. Les descriptions du Guide de la Cordillère Royale sont souvent vagues et parfois ininterprétables: par exemple on ne parvient jamais à savoir si tel ou tel aspect de l’itinéraire est un choix de promenade ou une nécessité imposée par le terrain. Le lecteur de terrainspyrénéens sait bien qu’il existe toujours plusieurs possibilités de gravir quelque chose et d’en redescendre, et que celles que je détaille ne sont pas exclusives d’autres qui sont mieux ou moins bien connues. Ce livre contient de belles photos, qui sont restées avec le texte dans une poubelle de l’hôtel Melody à la Paz le 19 août dernier: avis aux collectionneurs!

Donc, la traversée est annoncée en AD, avec une grosse corniche au sommet et quelques passages rocheux. On a campé au-dessus du troisième lac. Départ vers 4h15, et plutôt que de monter jusqu’au col du fond de vallée on s’est engagés dans le ravin issu du glacier sud-est de notre sommet. Un peu de gel brillait là sous la lune, et on s’est retrouvés à tirer une longueur sur une glace très dure. Ce n’était pas très difficile, et c’est sans doute plus court et plus amusant que de passer par le col du fond de vallée. On a aussitôt après mis le pied sur le glacier, sur lequel on randonne sans heurt jusqu’au sommet. La corniche sommitale est vraiment très belle, et l’arête un peu technique bien visible au nord-ouest. Cette arête à peu près horizontale présente quelques passages de neige raide et une centaine de mètres de rocher peu difficile (jouer sur des gros blocs en bon granite, on sait faire). Après les derniers cailloux, on traverse encore une bosse blanche avant de rejoindre un col. On est redescendus de là, assez directement dans le glacier vers le sud: terrain assez crevassé, avec un noeud chaotique, qu’on avait repéré depuis le haut. Puis glacier plat vers le sud-est. Le vallon ramène vers le troisième lac.

Deux broches à glace utiles pour le torrent gelé avant l’aube, puis deux anneaux de sangle sur le rocher. Un piolet chacun.

Le paysage est splendide, et la vue sur un sommet peu éloigné au nord est excitante. Ce sommet présente une face sud rococo, avec éperons, arêtes, couloirs et quelques chutes de pierres.  

 



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