Maladetta, Aneto, couloir Estasen et traversée.

 

sortie du couloir Estasen

Le couloir Estasen est au sud-ouest de l’Aneto, on le voit bien de loin. On a bivouaqué sur de magnifiques dalles chauffée par le soleil vers 2800m d’altitude, près de l’ibón de Llosás o de Coronas, je ne suis pas bien sûr des noms. Je ne suis pas toujours très vivable en montagne, notamment quand je suis excité et impatient. Ce jour-là, j’ai tiré Erwan de son duvet juste avant l’aube, et on a chaussé les crampons cent mètres plus loin. J’ai marqué de l’impatience quand il a mangé un bout de pain au pied du couloir, et je lui ai défendu de remanger en haut du couloir: on fera une pause au sommet, va! Au sommet, comme d’habitude on s’est laissés aspirer par la descente, et pour profiter de la neige dure on a filé vers la Maladetta, au sommet de laquelle on a accédé par un drôle de petit couloir à champignon de neige et une cheminée en protogine Lachenalienne du haut de laquelle j’ai tout de même jeté la corde à mon compagnon. On a bavardé quelques minutes en haut de la Maladetta, debout, sans poser nos sacs, et on est partis découvrir la descente au nord. On a traversé à flanc les glaciers où la neige commençait à tourner à la soupe, vers l’ouest, et arrivés en vue du Pico de Alba Erwan m’a fait remarquer qu’ »il serait temps qu’on prenne un petit en-cas, tout de même ». C’est vrai, après une traversée de la moitié du massif au grand trot, on peut s’offrir le petit-déjeuner.

On a franchi la brèche qui est entre le pico de Alba et la Tuca Blanca de Paderna, et c’était aussi périlleux que dans mon souvenir (1995): j’ai à nouveau lancé la corde à Erwan, qui n’a jamais aimé l’escalade de mottes de terre raides au-dessus de complexions surplombantes. Je le comprends: c’est moi que je ne comprends pas parfois, quand je considère les lieux qu’il m’arrive de hanter seul. On est montés à la Tuca Blanca de Paderna, curieuse aiguille calcaire, très jolie, dont la roche évoque du talc cristallisé, et on est descendus dormir au déversoir du lac d’Albe. 

Au lac d’Albe, surprise: après deux repas et trois siestes, on était toujours illuminés par le soleil qui ne quittait pas le rognon rocheux d’en face, on n’en pouvait plus, on se sentait prisonniers d’une plage de la côte d’azur. On a compris peu à peu que toutes ces activités qui nous avaient menés du vallon de Vallibierna à ce rocher du lac d’Albe n’avaient pas occupé la moitié de la journée, et qu’une fois de plus on avait été complètement dupes du temps et des distances. Des isards ont frôlé notre muret de pierres au crépuscule, et sont revenus nous considérer à l’aube, et on est descendus. Là, nouvelles aventures, dans la forêt cette fois: entêtés comme nous le sommes, on a cherché à descendre la vallée vers Benasque rive gauche, et ça nous a permis d’inspecter de belles barres rocheuses deux cents mètres à la verticale du cours d’eau, au milieu de sapins dont aucun ne se serait porté volontaire pour nous confectionner deux petites caisses proprettes en cas de mésaventure. Toujours la même conclusion: la Maladetta est un massif sauvage et ludique. On avait emmené piolets, crampons, une corde, deux sangles et deux mousquetons. Le couloir Estasen est de pente moyenne, et début août 2013 il était bien enneigé, avec juste une interruption au milieu et les habituels blocs dessoudés et terreux qui se présentent en pareille occasion.

au milieu du couloir Estasen
au milieu du couloir Estasen
L'aneto, vu de la Maladetta.
L’aneto, vu de la Maladetta.
Au pied des Pics Occidentaux: On va manger plus bas?
Au pied des Pics Occidentaux: On va manger plus bas?
raidillon de descente vers la vallée de Benasque
raidillon de descente vers la vallée de Benasque

 



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