Ardiden, Pilier sud

Ardiden, Pilier sud dans Escalade D ardiden-pilier-sud-ravier-170x300

Quelle tranquillité! Quel calme! Quel beau cadre! Quel inutile désert de caillasses! On a laissé Jean-Christophe à la gare de Pierrefite le matin, et à 9 heures on s’est rendus compte qu’on était du mauvais côté du pli de la carte routière, à dix heures et demie on partait enfin vers la cabane de Lagües. Le temps s’ennuageait, et après dépôt des affaires de bivouac au bord d’un lac, on a vu bourgeonner un gros nuage au-dessus de la Pourtère de l’homme vers laquelle on se dirigeait. Etrangement, moi qui cultive de mauvaises dispositions à l’égard de toute circonstance orageuse dans une voie d’escalade, j’ai envisagé avec détachement de passer un mauvais moment dans ce pilier que je n’avais jamais vu de près. Ce fut une journée relaxante. On s’est baignés dans un torrent. J’ai trouvé une jolie vipère noire en traversant de la Pourtère de l’Homme vers l’attaque. On a joué en tennis sur un névé encore dur, et puis on a trouvé l’énorme bloc-terrasse qui marque le départ, merci J et P Ravier, c’est pratique de ne pas avoir à refaire son sac dans un pierrier. 

Croyant reconnaître une formation rocheuse photographiée dans Passages pyrénéens, j’ai cherché un peu le départ vers la droite avant de choisir un petit motif à gauche. J’ai vu depuis lors une photo sur un blog d’une cordée qui a gravi cette cheminée de droite avant de tirer un rappel sous la pluie. En montagne, tout le monde a raison: j’ai ajouté des pointillés sur mon croquis.

Attaque dans un petit dièdre gris en contrebas du bloc-terrasse, puis gravir sur la gauche de la vaste dalle compacte qui le domine une corniche verticale (bonnes prises), revenir à droite vers des lames qui donnent accès à une cheminée, relais à 50m. Gravir un mur au-dessus du relais, puis un système de fissures qui se verticalise, on débouche sur des moutonnements faciles.

On réattaque directement dans des rampes fissurées grises, qui tirent légèrement vers la droite. Une autre longueur directe tire plutôt à gauche, et nous avons rejoint le fil de l’éperon: on voit sur la droite un friend coincé près d’une brèche rectangulaire caractéristique (la « fenêtre » signalée par P Ravier). On a continué directement dans de belles envolées de granite rose, pour relayer au pied d’un minuscule dièdre rouge coiffé d’un surplomb. Ce dièdre franchi, on est sur le fil de l’arête terminale. On termine corde tendue en navigant entre les gros blocs qui s’amoncellent jusqu’au sommet.

Comparé à des voies D du Luchonnais (dièdre des Spijeoles, gendarme du Lézat), ça nous a paru un peu plus difficile et plus généralement raide et soutenu, ce serait plutôt Dsup. Bon, j’avoue avoir tiré un peu droit en général après le départ. En fait la situation du motif, son isolement, sa hauteur, le style de l’escalade, m’ont fait penser à une redite esseulée de la voie Montse en face sud est de la maladetta (pico de Abadías). On fruit d’un grand silence et de la beauté d’un vallon austère. Il n’y a pas eu de mauvais temps, et on a déjeuné tranquillement au sommet en essayant de découvrir par où on descendrait à la faveur des mouvements de nuages. L’étagement des lacs d’Ardiden me paraît être une merveille, il y avait encore des petits et des grands névés entre eux fin août. On a bivouaqué au sec et au frais avant de bagnoler jusqu’à Toulouse, très touchés de la découverte à ce dernier moment de la saison de grimpette d’un si beau et vaste massif tout nouveau pour nous.

Bon, c’est aussi un sacré tas de cailloux que cet Ardiden, je ne vois pas bien ce qui m’y ramènerait, j’y emmènerai éventuellement ma fiancée le jour où je serai déterminé à lui rompre les deux chevilles. Mais le pilier est vraiment en excellent rocher, et des passages raides sont très fournis en excellentes prises. On a fait la voie dans une option légère, avec un seul brin du rappel et plus de sangles que de joujoux métalliques, mais je pense qu’il serait raisonnable de grimper avec une corde en double, parce qu’en cas de chute c’est tout plein d’arêtes tranchantes si vous voyez ce que je veux dire. Ça a l’air assez fréquenté, car il y a un peu de matériel qui traîne de loin en loin.

 

 



Gavarnie, Cylindre du Marboré, arête Ouest

 

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En sortant de l’éperon Nord-Ouest du Pic du Marboré, on a mis quatre pistaches qui nous restaient de côté, et comme on n’était pas rassasiés de cailloutis redressés, on est partis vers l’arête nord-ouest du Cylindre du Marboré. Quelle surprise: c’est tout de l’excellent rocher! On attaque immédiatement à gauche (cf photo) pour franchir un petit mur vertical, au-dessus duquel on rejoint un petit dièdre à droite de l’éperon de base, puis on suit le fil jusqu’au pied du second ressaut. Celui-ci est gravissable sur le pan droit, après le petit surplomb de départ. Puis on termine à nouveau sur le fil. C’est une toute petite escalade, trente minutes, deux friends petits-moyens et un petit choix de wall nuts suffiront avec un peu de sangle. IVsup en plein air.

J’ai dégagé à la main un piton rouillé sous le crux du premier ressaut, et je l’ai posé à côté de sa fissure, et mes compères ont oublié de le ramasser malgré ma demande: soyez gentils, si vous le trouvez laissez-l’y, c’est pour un collectionneur que j’ai prévenu et qui sera ravi de posséder une relique de Kasparek.

Il pouvait être quinze heures, et Jean-Christophe n’avait pas une idée bien nette de l’endroit où on se trouvait dans le massif: on est donc descendus au bord du torrent sur le plateau de Tuquerouye, et là on lui a expliqué qu’il suffisait de remonter à la brèche du même nom, descendre vers Estaubé, monter à un truc qui s’appelle la hourquette d’Allanz, et descendre en plein soleil pour trouver de quoi manger sous un bloc du plateau de Pailla et de quoi dormir sous un genévrier. À l’origine Jean-Christophe est breton, Erwan est breton, moi je suis nantais, donc autant dire qu’on est repartis sans trop causer mourir de faim au nord de la frontière. 

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Petit Vignemale, éperon nord.

 

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Comme j’en suis à faire des photocollages, voici une vue assez rare de l’éperon nord du Petit Vignemale: ça fait raide hein? La photo est prise depuis l’éperon nord de l’Aiguille des Glaciers, l’une des cîmes paisibles de la chaîne. J’ai fait la course trois fois:

-en 1996, on est partis très tard du Pont d’Espagne, et on a dormi près du lac de Gaube. Il faisait froid et humide. Le lendemain, on est montés aux Oulettes. À midi, il a cessé de pleuvoir, on est partis littéralement en courant le long des moraines du petit Vignemale, que depuis ce jour Erwan appelle les Ascenseurs de Gaube. On a remonté le névé, gravi le filon d’ophite du départ en tennis, pour s’encorder au pied du mur en IVsup. Il était temps, et temps aussi de mettre des chaussons. Ce mur franchi, j’ai tiré à gauche, pour me retrouver dans un couloir qui doit être la goulotte Lechêne en hiver. On a remonté ce couloir jusqu’à la brêche qui marque la fin de l’escalade de l’éperon proprement dit, il y a trois murs à franchir, au deuxième mur il s’est mis à neigeoter, et le froid de canard engagait plus à l’action qu’à la réflexion. C’est une fois revenus en bas qu’on a réalisé qu’on n’avait pas vraiment grimpé l’éperon. 4h15 de la tente à la tente, en passant par le sommet du Petit Vignemale, c’était quand même pas mal.

-en 2007, Jean-Christophe et moi on a rôdé à l’aube sur le glacier des Oulettes dans une ambiance humide et froide, et j’ai décidé de me rabattre sur l’éperon du Petit Vignemale. J’ai trouvé le filon d’ophite qui suit le mur ce jour-là, et puis le fil de l’éperon lui-même. C’était bien. On a eu du soleil à partir du petit mur qui est au-dessus d’une petite brêche, un petit mur décoré de jolis bacs, et du sommet on est partis visiter la Pointe Chausenque et la Pique Longue au-dessus d’une mer de nuages magnifique. Pour se consoler de n’avoir pas gravi la face nord de la Pique Longue, on est partis à la Pène Blanque de Troumouse.

-En 2009 ou 2010, ayant dormi près des étangs de Baysselance, Erwan et moi on s’est dégonflés devant la face nord-est de l’Aiguille des Glaciers: il faisait grand beau et froid, mais on s’est sentis légers en matériel devant cette grosse poire de calcaire. Par conséquent, rebelotte, on a taillé des marches à coups de binette (oui, plus légère qu’un piolet!) dans le névé gelé, on a réglé ensemble une addition vieille de 15 ans. Je ferai un croquis.

Belle voie Dinf, coinceurs et friends, 200 mètres d’éperon puis 150 d’arête fourre-tout. Un passage de IV sup. Il est joli de compléter la course par la traversée petit-grand Vignemale.

Voici un croquis: on attaque à droite de l’éperon par un filon d’ophite ascendant de droite à gauche. On arrive au pied d’un petit mur raide, qu’on gravit directement (IVsup, fissure parfois humide) pour déboucher sur une terrasse inclinée. à l’angle gauche de cette terrasse, on s’empare d’un nouveau filon d’ophite d’abord vertical puis qui se couche, on continue directement dans des dalles en direction d’une petite brèche ouverte derrière un gendarme. Gravir un petit mur en excellent rocher sur le fil, puis gagner à droite une grosse fissure-cheminée qui domine les séracs. On la gravit, on sort sur le fil et après une dernière pointe on gravit 150m. de rochers couchés jusqu’au sommet du petit Vignemale.

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À Cotiella, le Pic 1 s’appelle la Picollosa

Et voici un panorama, l’arête gravie en 2011 est à gauche. cf ci-contre la page: « Cotiella, arête nord de la Picollosa ».

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Pène Sarrière, arête sud

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cci06102012_00003-105x150On avait une matinée à perdre avant de monter à Pombie, on a choisi de la gagner en cochant enfin cette petite breloque. On est partis excités comme des puces à l’idée de se faire peur sur le fil aérien du Pène Sarrière. On n’a pas eu tellement peur, mais on a frotté nos paumes de mains. Sur la taillante, on clipera un spit tous les six mètres, ça va, et le rocher est bien propre et même patiné, mais en 1928 avec un bout de chanvre et des ailes de mouches, l’exercice a dû réclamer une admirable détermination. Départ de Gourette 7h30, retour 10h40, on a eu de l’ombre et une petite brise, et on a passé la journée à dormir sous un bois de sapin en vallée d’Ossau. Les passages versant est des deux gendarmes ont du caractère, la course et rapide et ravissante.



Balaïtous, Crête du Diable, éperon de la dalle de la Pierre Levée.

 

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Depuis le pic Cristail jusqu’aux derniers gendarmes de la crête du Diable, on a plusieurs aperçus sur un grand bouclier de dalles lisses et polyfissurées qui est à l’aplomb de la Pierre Levée, versant est. Le souvenir de mes lectures hivernales du guide Ollivier dans les années 80 m’assurait que Flematti et Desmaison avaient grimpé de ce côté-là. Une petite séance de recherche sur le web en juin dernier m’a permis d’imprimer quelques topos, qu’Erwan a soigneusement rangés dans un sac la veille de la course et oubliés le matin, ce qui fait qu’on a fait ce qui devient une habitude, on a improvisé.Vue d’en bas, cette grande dalle m’a parue plus raide et les fissures moins exploitables que je ne le pensais. On a été attirés par un fort joli dièdre noir et vertical qui est à gauche de l’éperon bordant ces dalles au sud.

J’ai attaqué dans une ligne de fissures à droite de l’éperon, pour basculer à gauche au-dessus d’un dévers, en pleine dalle (V, 3 pitons ou spits, puis un pas de 6a pour traverser à g.). Relais sur microfriends, plein gaz, 50m., rocher magnifique. On est dominés par un gros toit orange. Traverser à gauche, franchir le fil de l’éperon et relais sur becquet, V. remonter une ligne de dièdres en direction du dièdre noir bien visible d’en bas (V, Vsup). Remonter ce dièdre, Vsup, et relais sur une excellente terrasse. Trois pas de GRV (Gymnastique Rythmique au Vol) permettent de sortir au-dessus à gauche le long d’un bloc cubique proéminent, bien visible d’en bas lui aussi (Vsup, A1), puis des rochers moins raides amènent à une nouvelle terrasse confortable. De là, on pourrait rejoindre un couloir à gauche pour rejoindre la brèche au pied du trident nord. Il est certainement plus intéressant de repasser à droite de l’éperon pour gravir des dalles couchées jusqu’à la crête (III et IVsup). En quinze à vingt minutes de progression corde tendue, vers le nord, on arrive au pic Soulano. On en redescend le long d’une grosse échine plein est.

La fissure par laquelle on a attaqué s’est révélée être plus ou moins équipée. Il s’agit d’une fissure joliment sculptée, compacte, qui fend la dalle de la pierre levée sur toute sa hauteur, mais qui est généralement bouchée en son fond, peu utilisable avec des coinceurs. Erwan a examiné cette ligne toute la matinée, et a vu briller des petits morceaux de métal de part et d’autre, tous les quinze ou vingt mètres. Elle est donc à peu près équipée, mais il n’y a apparemment pas de relais en place. On a trouvé une plaquette aussi au relais juste au-dessous du pas d’A1. Et le cheminement qu’on a suivi à partir du dièdre noir correspond au tracé d’une voie sur un topo du guide Ollivier, on l’a su au retour… Très belle escalade en tous cas, TD soutenue, 230 mètres, excellent rocher. Coinceurs et friends.

On a comme toujours campé à mi-chemin du refuge Ledormeur et des moraines de Las Neous. Le premier jour, on s’est promenés du côté de Costérillou puis du Cap Peytier Hossard, et le deuxième on a fait la voie et on est descendus boire dans le val d’Azun. L’approche, par la brèche de Las Neous, est rapide jusqu’au pied de la face est de la Pierre Levée, on n’a même pas à redescendre pour contourner les contreforts du Pic Soulano.

 

 

 



Gavarnie, Gabiétou nord, arête ouest. Doigt de la Fausse Brêche.

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L’arête qui relie le col de Boucharo au sommet du Gabiétou est une des mieux placées, tant géographiquement que dans la liste des motifs désirables. On y est allés, le lyonnais, le marseillais, des tennis, un brin de corde, deux friends, quatre wall nuts, des sangles et moi, à la mi-août. Le seul passage obligatoire est le tout petit surplomb qui est à la base, sur le fil. Après on s’élève toujours sur le versant nord-ouest, par des cheminées, des vires, des petits murs, des dalles, parfois à nouveau le fil, c’est une très belle randonnée dans un très bel endroit toujours redressé.

Comme on était au sommet pour le petit-déjeuner, on a continué la journée dans une mentalité pêche-promenade, en montant au Taillon, au Doigt de la fausse brêche, au Casque par le tunnel sud-ouest, puis en descendant nous baigner dans la vallée d’Ossoue.

Au Doigt j’étais monté en… 1990 ou 91, avec l’ami Gilles: il faisait froid et gris. On avait une corde de 11 mm qui je suppose avait servi à un paysagiste de nos amis à tirer des troncs de châtaigniers au cul d’un pick-up, car elle on la décidait difficilement à se plier à une forme autre que rectiligne. Elle mémorisait toutefois une belle grosse déviation à mi-longueur. J’aimais beaucoup sa gaine effilochée, qui me donnait des sensations d’aventure. On est descendus en rappel autour du torse, et bien sûr, impossible de rappeler la corde. Et là, miracle: une jeune femme apparaît, qui à nos mines désolées nous dit gentiment: « Hé ben les garçons, qu’est-ce qui vous arrive? », et puis elle monte décrocher la corde et redésescalade le bourrier avec une agilité parfaite, sans s’assurer naturellement. Comme on ne savait pas encore très bien quelle était la différence entre les garçons et les filles, on n’a pas songé à tomber amoureux tout de suite, et elle a disparu à jamais. Cette année j’avais une corde trop souple et trop fine pour espérer la coincer, alors je suis redescendu en dégrimpant. Le rocher est plus sûr qu’il ne l’était dans mes souvenirs, on peut y aller. C’est une cheminée au nord du Doigt que l’on grimpe (au-dessus de la grotte).

Après, retour au tunnel du Casque (j’y étais allé quatre jours avant avec Alexandra), parce que c’est l’ascension la plus rigolote des Pyrénées (avec la face ouest du Petit Pic du midi d’Ossau). Et on a rigolé bien sûr.

 

 



Doigt de Pombie, Face est et remontée au Rein de Pombie

 

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Cette course est la preuve qu’on peut s’améliorer à force de boire du rouge et de manger du fromage cru: car moi qui avais fabriqué des crampes à la sud-est de la Jean Santé, sous prétexte de dülfer en Vsup, non seulement je n’ai pas connu cette sorte de déconvenue à cet autre endroit bien ensoleillé du massif, mais j’ai même grimpé en beau style les passages qui le requièrent, à l’exception bien sûr du dièdre en 6a, où j’ai tiré au friend comme tout le monde. Suprème contentement, j’ai recueilli un Erwan vidé de son énergie coutumière au troisième relais, il n’avait pas retouché l’Ossau depuis la ONO en 2003, le pauvre, c’est vrai qu’on oublie. Après un bon repas tout en haut des terrasses d’herbe, il s’est montré d’attaque pour deux ou trois longueurs pas hautaines qui lui ont restitué sa bonne humeur. Comme on était en pleine fournaise depuis deux semaines (nuits sans rosée!), on a attaqué exactement à l’aube, le soleil nous est tombé dessus quand on était déjà à cent mètres du sol.

Je me demande (d’autres l’ont fait avant moi) pour quelle raison la tradition minore le niveau de cette voie d’un inf, mais après tout ça ne nous regarde pas, et ça ne change pas grand chose à l’intérêt du parcours. Le topo de passages pyrénéens est très bien rédigé, je ne vais donc pas le paraphraser, les longueurs du socle sont évidentissimes. En haut des terrasses d’herbe, il me semble qu’il faut tout de suite tirer bien à gauche, une longueur, avant de revenir à droite. Le terrain est indescriptible, assez interchangeable, mais en se débrouillant bien on doit pouvoir se fourrer dans des petits pièges à souris. Le petit toit trapézoïdal est un excellent point de repère, il faut se fier à lui. La fissure « magnifique » est à sa gauche. L’avis d’Erwan est qu’on s’en fout pas mal que la fissure soit magnifique, « moi je trouve que c’est magnifique quand il y a des prises »! L’enjambée qui suit le dièdre tire-friend est très amusante, et les fissures-cheminées de sortie très intéressantes, c’est vraiment de l’escalade comme on l’aime nous ça.

J’ai déjà dit que j’aime pas les rappels? Oui je l’ai déjà dit. Qu’on ne s’imagine pas que j’avais étourdiment glissé sur la question de la descente du Doigt de Pombie, je sais très bien qu’elle consiste à glissouiller, précisément, plusieurs fois de suite le long de sa corde. Mais une attentive considération du massif m’avait convaincu que le Doigt de Pombie est un des rares sommets à partir desquels on peut continuer à s’élever! Donc, depuis la brèche (atteinte en désescalade), on est montés au Rein, dans des rochers plus ou moins redressés, AD: attaquer droit au-dessus de la brèche, puis obliquer légèrement vers la droite, on atteint des grandes dalles couchées, roses, surmontées d’un gros pli surplombant. Une portion fracturée (un piton en alu!) permet assez vite de franchir cette barre, au-delà de laquelle on trouve un peu à gauche un couloir avec de l’herbe et des éboulis. On franchit la barre verticale qui ferme le couloir là où elle est le moins haute, à gauche (trois mètres de IV). On débouche plus haut à droite sur les sentes du Rein. Bien sûr, dix-huit cheminements équivalents sont possibles, il faut juste se concentrer suffisamment pour éviter les toits de Despiau, bien visibles du Doigt. Descente par la voie normale. Et ben moi je trouve que c’est mieux que retaper des pitons et changer des cordelettes et rappeler huit fois sa corde.

Et puis c’est bien joli les TDinf à l’Ossau, mais 3 ou 400 mètres de navigation à vue dans des rochers plus ou moins quelconques, ça permet de se sentir un peu en montagne!

Après, que je vous raconte mes vacances: j’ai nagé 20 minutes tout nu dans le lac de Pombie, pendant qu’Erwan faisait la sirène en caleçon autour d’une baigneuse en bikini. Si le thermomètre continue à grimper l’été prochain je ne sais pas ce qu’on va devenir.

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Balaïtous, Cap Peytier-Hossard, face nord

 

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Je me suis dégonflé au pied de la Tour de Costérillou! Après un moment de vague, Erwan a souhaité regravir la face ouest du Pic Rouge, nous voilà donc en milieu de matinée au col du Pabat, et un coup d’oeil jeté vers le Cap Peytier-Hossard nous a donné le désir d’en gravir la face nord: magnifiques longueurs dans un socle fort raide! Puis une navigation dans des dalles avenantes au-dessus, pour déboucher au sommet. 

La grande affaire aura été de remonter le raide glacier en peau de chagrin du pied de la face: heureusement que l’approche de la Tour le matin nous avait munis d’un piolet à panne, et d’une paire de gants de jardinier chacun, car j’ai taillé des marches dans la glace sur 70 mètres, après quoi il a encore fallu jouer dans la rimaye sur 110 mètres de droite à gauche, l’oeil à toutes les apparences de fissures grimpables. Tout ça pour attaquer la ligne la plus évidente de loin: un dièdre parfaitement régulier, assez couché, qui mène sous un surplomb. Le tout appuyé contre une vaste dalle très lisse. J’ai trouvé un vieux bout de bois coincé dans la fissure de la dalle blanche, il s’est réduit en poudre quand je l’ai effleuré pour le montrer à Erwan, ce qui signifie que des aventuriers ont visité la chose dans les années 50, et que personne n’est venu jouer avec ce bout de bois depuis au moins les années 80. Si l’on considère la longueur de l’approche, je m’imagine que la Face nord du Cap Peytier-Hossard ne sera pas la classique du massif à partir de l’été prochain. Mais pourquoi pas, justement, la coupler avec les dièdres du Pic Rouge?

Remonter le dièdre couché (IV,IVsup). En arrivant au surplomb, sortir à droite, relais au pied d’une dalle blanche fendue d’une belle fissure. Gravir cette fissure (Vsup). Gravir une nouvelle fissure parallèle au dièdre de départ, mais plus fine: Vsup puis IV. On débouche sur des dalles couchées, séparées par des vires. Atteindre et remonter la dalle la plus haute, gravir un dièdre un peu à droite, et par un dernier ressaut déboucher à quelques pas du sommet. 200m d’escalade, Dsup, soutenu et très esthétique dans le socle de base, coinceurs et friends. Piolet pour l’approche, voire crampons (glace ou neige raide pour des tennismen). Si l’on choisit de suivre la rimaye, c’est sans doute plus court de l’attaquer de gauche à droite.

La voie normal du Cap Peytier-Hossard est à l’Ouest, vers le vallon de Batcrabère et son exposition universelle de blocs. Une arête horizontale PD ou ADinf permet au sud de rejoindre la vire Béraldi et le sommet du Balaïtous. Il n’y a pas à ma connaissance de descente facile à l’est. Moi je désirais depuis longtemps connaître l’arête nord, car je lui trouve beaucoup d’allure de loin, et c’est par là qu’on est descendus: c’est rapide, facile, joli et le contraire d’emmerdant. Il s’agit de grandes dalles prisues, couchées, PDsup. Rester près du fil. Après une grande dalle plus raide que les autres, on descend dans une brêche. On remonte alors un petit tas de rochers, puis on reprend la descente pour en trouver la fin sur le versant est du bas de l’arête. Je dis ça parce que malgré les apparences entretenues en ce mois d’août 2012, j’ai le souvenir qu’on redescend parfois dans un peu de brume, sur le versant nord de notre cordillère bien-aimée.

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Gabizos, traversée, face nord des Taillades Blanques: Diabolo monte!

Gabizos, traversée, face nord des Taillades Blanques: Diabolo monte! dans Escalade D gabizos-taillades-face-nordlow-150x131Diabolo-monte-4-150x112 dans Escalade TDDiabolo-monte-3-150x112Diabolo-monte-1-150x112Diabolo-monte-2-150x112Diabolo-monte-5-150x112

Un diable habite dans tous les pyrénéistes à l’approche d’une voie: il dévisage les montagnes autour de lui et communique au grimpeur le désir irrépressible de gravir un motif imprévu. Ce matin du mois d’août, tandis qu’on montait sagement vers les Taillades Blanques, avec le projet naïf de traverser les Gabizos, ce diable nous a signalé une ligne provocante en plein milieu des parois blanches des Taillades. Ce matin-là, Diabolo est monté! Excellente et très appéritive façon de commencer la traversée des Gabizos.

De la cabane de Larue, emprunter le chemin qui monte vers les Taillades Blanques. À distance, le grand dièdre de Diabolo Monte nous apparaît sous la forme d’une grande cheminée verticale, très bien dessinée, qui fend en son milieu le socle de rochers blancs des Taillades. Un surplomb convulsé se signale aux deux tiers. On quitte le chemin pratiquement à la base de la paroi, et on traverse un pierrier vers l’est sur deux ou trois cent mètres. L’attaque est au pied du dièdre. 

Remonter ce dièdre sur une longueur et demie: IV soutenu, V, rocher magnifique, le pan droit du dièdre est parcouru de très jolies cannelures. Après une veine de rocher noir compact, obliquer à droite, franchir une nervure et faire relais 8 ou 10m au-dessous du surplomb. Ce surplomb est défendu par un talus de copeaux moussus: ne pas s’y engager, mais longer la base de ce talus une douzaine de mètres, pour gravir une vague cheminée en rocher délicat. On atteint un balcon entouré de murs réguliers: surmonter le petit éperon de gauche (V), on arrive sur les dalles couchées qui mènent au sommet. Les gravir en se tenant sur l’éperon qui borde la cheminée principale. D ou Dsup, 200 mètres, 1 à 2 heures d’escalade. Coinceurs et friends, deux pitons utiles (on n’en avait pas, on avait juste de quoi faire la traversée des Gabizos, qui est ADsup).

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