Pic Long, Face nord.

piclongfacenord.jpgUne belle voie dans une ambiance magnifique. La paroi jouit d’une certaine célébrité, puisqu’on la voit ou on la devine d’un peu partout quand on se perche sur les crêtes du massif du Néouvielle, mais c’est une célébrité discrète. Le Lac Tourrat, les beaux environs nommés Estibère Male, Crabounouse, Bugarret, sont aussi tranquilles qu’une plage nudiste en Alaska. Si l’on est parti de Cap-de-Long, on peut rejoindre ce qui reste du glacier Tourrat en traversant des banquettes d’éboulis à peu près à l’horizontale depuis le col des pêcheurs. La neige peut nécessiter l’emploi de crampons, ou du moins d’une binette pour tailler des marches. Nous n’avions ni l’une ni les autres lors de ce parcours de 1996, et il avait grêlé la veille et fait très beau et très froid toute la nuit, alors on a mis plus de temps sur le névé verglacé que dans la face proprement dite: on était équipés chacun, Erwan et moi, d’un piolet « troisième main », léger tube d’aluminium sans pique et sans panne avec lequel il était laborieux de tailler des marches, sans parler de faire un relais. Pour nous ôter toute chance de parvenir à la rimaye avant que nos amis qui montaient par l’arête Maubic-Pic Long ne parvinssent au sommet, Erwan a trouvé le moyen de perdre l’un de nos deux gadgets, au seul relais qu’il nous a fallu faire dans la pente raide. Une fois sur le rocher, il a tiré une longueur en zigzag et bloqué la corde. Puis au milieu de la face, ses orteils ont crevé ses chaussons (des ballerines). Ensuite, il a décidé d’éviter une traversée facile à gauche par un dièdre en A1 tout droit. Ce genre d’anecdotes peut donner l’impression qu’Erwan est un boulet de canon en montagne: c’est le contraire, c’est le meilleur compagnon du monde, jamais à court d’idées, toujours enthousiaste, et au pied sûr. Il a découvert ce jour-là et dans ce dièdre de deux mètres où il a campé deux heures une passion pour l’artif qui l’a mené au sommet de dizaines de parois pourries et déversantes en auto-assurage, de la plage Saint-Marc en Bretagne à la carrière de je ne sais où près de Senlis, et qui a culminé avec la face nord du rocher des Goudes dans les Calanques, en solo toujours, et en tenue de peintre en bâtiment. Mais trève de commentaires:

On attaque la paroi un peu à gauche de l’aplomb du sommet, et on gravit une cheminée terreuse vers la gauche (pointillés). Il est possible aussi de grimper directement des rochers redressés dont la qualité s’améliore rapidement (notre choix, en trait plein). On rejoint un système de vires ascendantes vers la droite: c’est la voie Mailly-Ollivier je crois, qui prend toute la face en écharpe et présente l’intérêt d’être cotée PDsup ou ADinf. On suit ces vires (II, IIIinf) vers la droite jusqu’au pied d’un grand dièdre ouvert incliné à gauche, et qui est le seul point de faiblesse de la zone verticale au centre de la face. Remonter ce dièdre une longueur, quelques pitons en place, puis continuer dans l’axe au-dessus une autre longueur, jusqu’à un surplomb que l’on contourne par un crochet à gauche: IV et IVsup pour l’ensemble. Les difficultés sont finies: on traverse un couloir pour rejoindre à droite un éperon raide que l’on suit sur le fil jusqu’au sommet: III, éventuellement IV en très bon rocher sur trois longueurs.

On descendra par l’arête sud-est et le Glacier de Pays Baché  ou par l’arête Ouest et la brêche d’Estibère  Male.

Quelques coinceurs et friends.



Laisser un commentaire

CHEZERY MULTISPORTS |
MULTIBOXING |
karatedo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | admingrimptout
| Périers Sports Football
| ASSOCIATION TAEKWONDO CLUB ...