Pico de Orizaba

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J’avais perdu les codes d’administration de ce blog! Je profite de les avoir retrouvés pour ranger ici quelques considérations sur la face nord du Pico de Orizaba, au Mexique. La face nord, c’est tout simplement sa voie normale, celle où on est putôt dans la neige que dans les sables. J’ai toujours le fantasme de faire le tour du cratère, et celui de monter par le nord et descendre au sud. Voici un topo, puis des récits d’ascensions qui remontent déjà à 2006. Deux des photos ci-dessus montrent le cratère vu du sommet.


Accès en bus: México Tapo vers 8h00 du matin. Bus direct pour San Salvador el Seco (edo de Puebla). Bus « ordinario » pour Tlachichuca. Taxi « de sitio » ou « pirata » (moins cher: aborder une auto banalisée sur la place centrale) qui vous dépose au départ d’une piste où ne s’engagent que les 4×4 des compagnies de guides locales, cinq cents mètres avant le hameau de Villa Hidalgo (3400mètres). Dormir au refuge de Piedra Grande à 4000m au nord. celui de la face ouest n’existe plus. On emmènera crampons piolet et un brin de corde.

 De l’endroit où le taxi vous dépose, il s’agit de monter au travers de larges pentes de forêt et d’herbe en appuyant nettement vers la gauche (est). Il faut en effet contourner la base d’un très important épaulement qui se trouve au nord du sommet (pour former le sommet de l’Espolón de Oro à 5100m)et de l’autre côté duquel, à 4000m, se trouve le refuge. Une piste fait ce parcours, mais elle est conçue pour les autos et le marcheur doit se permettre de couper les grands lacets. Par exemple, au premier coude vers la gauche, quand la piste part à l’horizontale, une trace part dans une prairie en ascendance: c’est la direction. Des traces de cheminement conduiront dans cet axe à la combe du refuge. Je donne ces précisions parce que l’Orizaba est souvent nuageux et quand on ne voit rien, on ne voit rien. Avec du bon sens on trouve sans problème. Arrivé au refuge (deux cents mètres plus haut que la limite des arbres, près du torrent issu de la face nord), on peut dormir au sec. Il y a de l’eau dans le ravin issu du glacier à trois cents pas du refuge, mais elle est absolument opaque tant elle est chargée de cendres. On montera donc des bouteilles. Le refuge est une très grande maison avec des bas-flancs, c’est sec et généralement propre.

Par les fenêtres du refuge, on voit le grand vallon (1000 mètres) de pierrailles qui mène au glacier de Jamapa. Le cheminement consiste à monter rive droite du ravin précité, sur trois cents mètres, puis passer rive gauche et naviguer entre les barres. On débouche à 5000 à un col large et enneigé qui se trouve au pied de l’Espolón de Oro. De là c’est tout droit vers le sommet, cette pente fait tout de même 700 mètres, c’est un glacier régulier, sans doute un peu crevassé à certains endroits, une vague bosse au milieu, et dans le haut au bord inférieur des rochers. Aucune difficulté technique à proprement parler. Crampons et piolet et habits chauds. On débouche sur le bord d’un énorme cratère au fond duquel il ne ferait pas bon tomber (cf photo). De l’endroit où on débouche, le sommet est à cent mètres à droite (ouest).

 

S’acclimater par le tour du cratère du nevado de Toluca ( quelques heures à 4700m en PD) puis par l’ascension de l’Iztaccíhuatl (5260m). Ceci fait, on doit monter en 6 heures sans les pauses.

Il est établi que la bonne saison allait de novembre à avril. C’est la saison sèche, et le temps est normalement très beau. Mais rien ne s’oppose à monter à la saison des pluies. C’est très désert, très beau, plus enneigé, et le climat n’est pas le même qu’en bas, alors autant aller voir. Rien n’empêche de redescendre en cas de tempête.

 1- Voici notre découverte des lieux en août 2006:

 

J’étais avec Erwan. Nous sommes allés connaître… Donc avec de vagues renseignements et sans rien voir, sans carte ni instruments de mesure, nous avons trouvé le chemin, le refuge et l’eau impotable. On avait des figues de barbarie et des pommes, ça a fait l’affaire. Levés à l’aube le lendemain, départ vers 7 heures, trois pauses à la montée pour faire fondre la neige et y mettre un sachet de tisane, puis la découverte de la beauté des lieux en haut. Le cratère était verglacé, des nuages partout autour. On a abandonné l’idée originale de faire toutes les voies du massif, parce qu’il nous a semblé être un tas de sable. On est montés à l’Espolón de Oro pour agrémenter la descente. On a ramassé au bas du glacier des broches tubulaires.. et des sangles dynamiques!!!!!
Le lendemain soir (jonctions en bus…) nous gravissions la Malinche, montée et descente, de 17 heures à 20 heures. Bravo au chien qui nous a suivis et n’avait pas le sang épaissi de la veille. Le jour suivant nous montions au refuge de l’Iztaccíhuatl. Le quatrième jour, montée à la Cabeza de l’Izta dans la tempête de neige et… redescente à la course à Amecameca, c’est beaucoup très loin. Si quelqu’un s’entraîne pour la course du Vignemale, je lui suggère un petit saut au Mexique.

 

2- Voici mon ascension-express un jour d’enthousiasme:

Mercredi 8h00: Je prends l’autobus à Mexico.
11h15: arrivée à El Seco
11h55: Je monte dans un autre bus.
12h29: arrivée à Tlachichuca.
13h00: arrivée en taxi au départ du chemin (3200m).
13h30: bu un litre, mangé deux kilos, je mets mon sac et pars.
Je remonte le chemin de l’autre fois, et au bout de 20 minutes le quitte pour filer vers la face ouest. Ravins, forêts, tuyau noir au sol, mottes de neige entre les touffes d’herbe, taureaux sous les arbres, je saute deux clôtures de barbelé, et au bout d’un moment, le pressentiment qu’aucun refuge ne m’attend à 4600m en face ouest me gagne. Je vois la moitié du versant et rien n’y brille. Il fait un temps délicieux, froid nuage vent et pluie de petites choses blanches, et la perspective de dormir tout nu sur l’herbe au milieu de nulle part me décide à faire demi-tour: retour à flanc en m’élevant vers le refuge de la face nord.
17h24: arrivée au refuge (4000m), trois tentes sont montées autour et deux gringos à l’entrée du refuge me saluent à peine: la vengeance viendra. Je dors une heure qui vaut une nuit. Je mange en papotant avec un canadien très sympathique et un guide ventripotant non moins agréable. Je n’ai toujours rien compris au trafic de 4×4, matos dans le refuge rempli de douze types frigorifiés qui s’ »acclimatent » en faisant du café et des soupes toute la journée, etc. Un type considère avec méfiance les nourritures froides que j’ingurgite avec une tasse d’eau glacée. Le guide me confirme que le refuge de l’ouest n’existe plus, les matériaux ayant été volés par les paysans l’année de la construction. Comme l’un des gars me demande si je monte « cette nuit », je demande innocemment à quelle heure il part, lui: lever 1h, départ 2h! Je réponds que je ne marche qu’au soleil.

Jeudi
1h, un peu de remuements dans le refuge. Pleine lune, extraordinaire lumière blanche, on voit à l’intérieur comme on verrait dehors au crépuscule. 6h00 : ayant bu un litre et mangé deux kilos, je ferme la porte du refuge et monte, précédé de mon ombre sous la lune et avec à ma gauche les toutes premières lueurs de l’aube entre les bandes poisseuses d’un ciel extrêmement humide. Froid vif mais un peu tiède à mon goût, pas de vent. Je retiens les chevaux, car me considérant désacclimaté, je ne veux pas me créer des nausées. Dans les dernières barres rocheuses, je me fais presque à l’idée de faire demi-tour à cause du manque d’air. Je regarde depuis un moment deux cordées qui n’avancent pas sur le glacier. L’excitante idée de faire un peu la course avec elles ne me paraît pas suffisante pour m’empêcher de faire une pause, qui sera la seule de la matinée. Je mets mes crampons et mange du pain et des pommes. Tout est formidablement enneigé, depuis 4200 m je vis dans un paysage d’hiver. Comme j’entreprends mes premiers lacets sur le glacier je vois une cordée de deux descendre: je saurai plus tard que c’est mon guide de la veille, avec l’américain, que je reverrai tout à l’heure. Il y a un petit vent de sud qui fait retomber le grésil dans les traces de mes prédécesseurs, et j’y enfonce plus que dans la pente vierge, c’est à dire jusqu’au genou au lieu de la moitié du mollet. Exercice fatiguant entre 4900 et 5100 mètres. A force de tracer quelques grands lacets j’identifie une portion de la calotte neigeuse qui, bien qu’étant au soleil (vague luminosité bue dans le plafond d’altostratus), présente une superficie généralement plus dure. A partir de la mi-pente, je rencontre souvent une croûte et peux marcher trois à quatre cents pas sans reprendre mon souffle. Il y a des rochers dans le haut qui me cachent les derniers cent mètres de la pente, mais tout à coup que vois-je? deux cordées se profiler devant moi: je leur ai repris sans forcer 600 mètres de dénivelé cependant qu’ils en parcouraient deux cents! je les perds de vue, puis les rejoints sur le bord du cratère, et les dépasse un par un en les saluant poliment et en me faisant une tranchée à côté de leurs traces. Ils sont très proprement encordés, et je contemple pour la première fois des noeuds corrects sur le continent américain. Coiffés au poteau! Je passerai dix minutes seul au sommet, la moitíé du corps verglacée par une brise fraîche: puis les gringos arrivent et les deux qui avaient été impolis avec moi la veille à la porte du refuge viennent me demander la queue entre les jambes, en m’offrant des nourritures, de les prendre en photo: Bien dis-je, mais vite, car je descends. Et joignant le geste à la parole, deux photos prises, à 10h15 je dévale la pente à grandes enjambées de cinq mètres et pas glissés sur deux mètres; j’enlève les crampons ; j’enlève un pantalon, deux pulls, les gants et la polaire et au moment où la brume épaisse comble tout le ciel de 3500 mètres où elle était depuis le matìn jusqu’au sommet, j’entreprends de me faufiler entre les boues, les sables, les tas de neige et les dalles décomposées du vallon de mille mètres. Errances tranquilles, paysage partout semblable, nuit brumeuse, je ne regrette pas de ne pas m’être lancé dans le tour du cratère. 12h00 précises (sur la montre du canadien qui m’accueille les yeux pleins d’admiration) je me présente à la porte du refuge. Je fais mon sac en mangeant et passe un short en causant avec les grands américains (190 centimètres de haut, épaules larges, cuisses épaisses, vingt-cinq ans) qui n’en croient pas leurs yeux. Celui que j’ai vu descendre avec le guide vers neuf heures vient tout juste d’arriver au refuge, le guide a encore ses chaussures aux pieds. Je souhaite une bonne journée à tout le monde, et en expliquant brièvement que je veux être à México le soir… 12h40: je pars au trot sous un ciel noir noir noir. Et alors là, record: 14h20: Je suis à Tlachichuca, un billet en poche pour Puebla, il fait bon et chaud et le tonnerre gronde sur le volcan: j’ai dévalé tranquillement les pentes d’herbe, et en arrivant à la piste habituellement déserte d’où part le chemin, une automobile s’est présentée qui descendait. Je savoure la rapidité de la chose et comme mon bus ne part qu’à 15 heures, je téléphone à Alexandra. Je cherche des nourritures dans mon sac, et à 14h40 : Horreur! Je me rends compte qu’au milieu du fouillis de matos dans le refuge, je n’ai pas vu que j’ai oublié une chaussure de haute montagne sur un bas-flanc!!! Il y a dix ans je serais remonté: mais là, je cherche une maison de compagnie de guides; je rencontre une jeune fille charmante à qui j’explique ma situation idiote; sur ce, son père téléphone: il est au refuge (j’ai vu monter son 4×4 pendant que je descendais en stop) et il a ma chaussure dans la main (les américains du refuge doivent encore se demander comment, moins de deux heures après les avoir quittés, je suis déjà à Tlachichuca avec la fille du type qu’ils payent 300 dollars par jour). Elle n’en revient pas quand je lui dis ce que j’ai fait de ma matinée. Montée 4 heures, descente deux heures, c’est l’Arbizon à petits pas! Elle s’assoit. Elle m’apprend que l’altitude du Pico de Orizaba est de 5700 et non pas 5600 mètres. Nous convenons que je reviendrai dans quelques semaines chercher ma chaussure (le père attend au refuge le groupe que j’ai rejoint au sommet et je me dis que ça peut prendre du temps…Ils étaient eux aussi partis à 2h du matin…) Et à
15 heures: je monte dans mon bus pour Puebla.
17h: Puebla, la marchande de café du grand hall de la gare routière a disparu ainsi que son échoppe, et je bois un expresso au restaurant à côté.
18h05: Bus pour Mexico, je vois dans sa totalité le film étrange et abominable « Danny the Dog » dont je connaissais des scènes happées entre Tepoztlán et Mexico l’an dernier. Déposé à Taxqueña, je monte dans un bus qui me dépose devant chez moi et à
20h24: j’ouvre une bouteille de vin et lance le chauffe-eau pour me doucher.

 



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