Ossau, Pointe Jean Santé, face sud-est classique

aa8.jpgaa9.jpgJ’avais décidé en 2008 que le 17 août on irait à la face sud-est classique de la pointe jean Santé. Jean-Christophe ne savait pas où était l’Ossau ni à quoi ça ressemblait, et il est tombé du train le 16 au soir: il a donc pu ne pas être mécontent d’entendre la pluie tomber toute la nuit, sur la tente montée après le crépuscule, dans la brume. À cinq heures il pleuvait, à six heures il pleuvait, à sept heure il pleuvait, mais à sept heures dix, la dernière goutte est tombée, le soleil est apparu, avec un peu de brise vers 8 heures, on a pris le petit déjeuner et j’ai retourné la chose dans ma tête. Le résultat était prévisible: à 9h30, j’attaquais la première longueur. 

Aucun problème pour suivre le cheminement, en général c’est plus dur à gauche et à droite. Il faut bien repérer le surplomb jaune à contourner, on le voit bien d’en bas, ainsi que dés le pied du grand dièdre, et il a une forme rectangulaire caractéristique, et c’est il me semble le plus haut et le plus à droite de tous les surplombs de la zone.

J’ai eu du mal! le rocher n’était pas des plus secs, même s’il avait fini de ruisseler, et mon pied gauche a glissé au milieu des escaliers gris. Sans dommage: je me suis retrouvé pieds joints, bras tendus, comme à l’exercice. Mais j’ai été réticent à faire de l’adhérence après. J’ai trouvé que le crux demande de l’énergie, je me suis tiré à un friend avant de me tenir aux deux pitons fichés plus haut. Deux longueurs plus tard, j’ai eu des crampes aux bras. Je n’avais jamais eu de crampes aux bras! Le moyen de grimper à l’Ossau avec des doigts qui se referment tout seuls! Il s’est mis à faire franchement chaud et on s’est mis à ne plus avoir d’eau, et jusqu’à l’enjambée de l’aiguillette Jolly j’ai eu souvent à déplier mes doigts en les mettant dans ma bouche entre deux prises. Dès que je lâchais la prise, hop ils se repliaient comme des écrevisses dans l’eau bouillante. J’avais du mal à avaler la corde, trop fine pour mes doigts crampés. Bref, un peu de souffrance. Ce qui n’a rien enlevé de sa lumineuse intelligence à l’itinéraire, le petit crochet qui permet d’accéder aux cheminées de sortie apporte tous les plaisirs d’une invention retentissante, avec gaz à l’appui, car sous la « vire monolithique » on voit se promener les promeneurs moins sots que soi sur le chemin qui traverse les éboulis. 

On attaque au départ de la voie des surplombs, dans un petit dièdre avec un genévrier. Monter directement 30 mètres, puis descendre quelques mètres vers la droite (IV). Traverser dans des rochers boulerversés vers la droite, pour rejoindre des vires faciles, herbeuses, qui mènent au pied des escaliers gris. On atteind les escaliers par une dalle délicate (Vsup). Relais en haut des escaliers, inconfortable, sur deux ou trois pitons en place. Gravir le dièdre sur toute sa hauteur (Vsup athlétique, puis V). Grande terrasse d’herbe. 

On s’engage au-dessus dans un système de fissures-cheminées en IV avec des pas de V, pendant deux grandes longueurs et demie. Au pied d’une fissure profonde et surplombante, virer franchement à gauche, franchir l’angle d’une dalle lisse, et s’élever en écharpe vers la gauche, sur un rocher compact, vers une fissure courte mais malaisée. On est au pied d’un toit jaune rectanculaire. Gravir à gauche de ce toit une fissure sur 10m., puis traverser à droite sur une vire monolithique, franchir l’angle de la paroi pour mettre par une enjambée délicate le pied dans les couloirs de sortie.

On les remonte, on atteint le sommet de l’aiguillette Jolly, on enjambe la brèche qui la sépare de la muraille, on gimpe quelques mètres de V, et ici deux solutions: tirer à droite pour monter à la pointe Jean Santé, ou à gauche pour trouver un rappel qui dépose dans le cirque gris. C’est la solution qu’on a choisie, parce qu’en ayant attaqué tard et en étant arrivés assoiffés à l’aiguillette, on n’avait plus envie de se promener sur la pointe d’Aragon. 

TD, coinceurs et Friends, quelques grandes tailles utiles. 

 Voici aussi un croquis de la voie des virettes à la descente: après le petit rappel qui dépose dans le cirque gris,on descend en écharpe vers le sud et l’ouest dans un peu d’herbe, puis on trouve une première longue et belle rampe de bon rocher rose. Une « vire à bicyclette », mais de montagne. Quand celle-ci se cogne à un mur, au pied d’un grand dièdre pas commode, où est équipé un relais pour bons grimpeurs, on désescalade quelques mètres dans des rochers verticaux mais fracturés et solides, pour attraper une deuxième rampe. On descend toujours vers l’ouest, et on trouve une dalle blanche de 10 m., couchée, qui est le pan gauche du « dièdre » signalé dans certains topos. On monte cette dalle, on reprend une progression en traversée descendante derrière, et on rejoint un très grand toboggan de rochers blanchâtres, fracturés, nervurés, qui amène à un petit cirque herbeux. En bas de ce cirque, toujours vers l’ouest, une fissure étroite est ornée de nombreux pitons et d’un tas de sangles: c’est ici qu’il faut résister encore à l’envie de tirer un rappel inutile dans une dalle effrayante: la fissure se désescalade très bien, en III, il y a une petite grotte et on finit sur la grande raillère de Pombie. Il m’a fallu près de 2 heures je crois pour trouver ce cheminement, que je ne connaissais pas, mais le sachant maintenant je crois que ça peut prendre 45 minutes sans se presser corde plus ou moins tendue, en tennis. On était à 17h30 à la tente à Pombie, et le lendemain on est descendus boire des bières au Pourtalet, et le troisième jour on a traversé du petit au grand pic, en plein vent, pour découvrir le massif. Je ferai un petit topo de l’éperon de la Vierge à la pointe Emmanuelle, on a trouvé ça presque plus délicat que la Sud-Est. 



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