Vignemale, éperon nord de l’Aiguille des Glaciers

 

Vignemale, éperon nord de l'Aiguille des Glaciers vignemale-aiguille-des-glaciers-eperon-nord-197x300vignemale-aiguille-des-glaciers-5-150x112vignemale-aiguille-des-glaciers-3-150x112vignemale-aiguille-des-glaciers-7-150x112vignemale-aiguille-des-glaciers-6-150x112

Au cours de l’extraordinaire période de beau temps de ce mois d’août, on a cherché l’ombre le long d’une valeur sûre: l’éperon nord de l’Aiguille des Glaciers au Vignemale.

La notice du Guide Ollivier commence par décrire un cheminement compliqué à l’est de l’éperon, avant de suggérer une attaque par l’ouest. C’est ce que nous avons choisi de faire. De ce côté-là, on voit de très loin un gros surplomb jaune en forme de losange: il faudra le rejoindre. A mi-hauteur entre lui et nous au moment d’attaquer, on remarque un dièdre bien régulier, gris et fissuré, auquel amène une veine d’ophite. Remonter cette veine, puis la quitter pour faire relais à gauche sur un excellent becquet sous un mur vertical. Une fissure horizontale à droite amène au pied du dièdre régulier, qu’on ne gravit pas: une nouvelle traversée à gauche amène à la hauteur de ce qui doit être le gendarme « bien visible depuis le chemin du Centenaire » évoqué par Ollivier. On ne le rejoint pas non plus: des fissures s’offrent, raides et en bon rocher, on les remonte et on en sort à droite, pour rejoindre encore à droite un grand dièdre couché que l’on remonte jusqu’au gros surplomb jaune en forme de losange. On le contourne par la gauche: mur vertical, très bonnes prises, un piton bleu. Nouvelle cheminée, nouveau surplomb (ophite), nouveau contournement par la gauche, et on prend pied sur le fil de l’éperon, moins raide sur cent mètres. 

Remonter un terrain facile. On laisse un gros surplomb sur la gauche, pour gravir à droite de belles dalles compactes en direction d’une ligne de fissures raides à droite. Gravir ces fissures, deux pitons, puis revenir à gauche pour rejoindre le fil de l’éperon qu’on ne lâche plus jusqu’au sommet de l’Aiguille.

La portion de crête horizontale qui suit réserve des surprises: d’abord, c’est plutôt aérien, ensuite le rocher est fragile (taillantes qui sonnent creux), enfin Ollivier nous annonce un passage « dangereux ». Dieu sait si on en a vu, des rochers pourris, et si je désapprouve les manoeuvres de corde, mais là Erwan est remonté de sa petite désescalade plus loquace que jamais, et on a fait un rappel de 20 ou 30 mètres sur le versant est pour remonter sans problème à la brèche suivante. De là, on gravit sur le fil ou à la droite du fil l’arête qui remonte à l’Epaule de la Pointe Chausenque. Une grosse tour croulante prétend s’interposer: on gravit quelques mètres de front, puis on suit une vire à droite pour remonter sur des talus de clochetons au-dessus.

Voilà qui fait 702 mètres de dénivelé bien employé, le chiffre annoncé est amusant parce qu’il n’est pas du tout évident de déterminer l’endroit exact où finissent les dalles de moraine et où commence l’éperon. Il est vrai qu’à l’époque de la première le Vignemale était un massif enneigé. Le rocher est généralement bon, même très bon quand c’est raide, mais on sent que ce n’est pas la voie la plus fréquentée du massif. Il est fragile sur tout ce qui s’apparente au fil d’un éperon ou à une arête. Le cheminement, très varié, requiert une attention flottante, mais constante. Il ne faut pas sous-estimer la traversée depuis l’Aiguille jusqu’à l’Epaule, c’est grand!

Cette course est plus difficile que l’éperon nord du petit Vignemale, beaucoup plus aventureuse que la face nord classique de la Pique longue, plus facile mais sans doute plus longue que l’éperon Nord Ouest de la Pointe Chausenque, l’ambiance y est originale et sauvage, les montagnes autour sont splendides, bref le seul reproche qu’on peut faire à cette course magnifique une fois qu’on l’a réalisée, c’est qu’elle ne laisse plus qu’un trou à boucher au milieu du versant nord du Vignemale, et que le couloir qui mène à ce trou est un peu plus sec chaque fois que je monte aux Oulettes de Gaube.

On s’est félicités d’avoir pris un but il y a deux ou trois ans Erwan et moi face à l’Aiguille des Glaciers: montés depuis Ossoue avec le matériel de l’intégrale du Marboré, à savoir un seul brin de corde, 5 friends et 4 wall nuts, dans l’idée de parcourir l’autre voie Ollivier (face nord-est), on s’est sentis tout timides devant cette Méditerranée de roches couchées, et on s’est rabattus sur l’éperon du Petit-Vignemale. Armés d’un rappel et d’une panoplie un peu plus complète d’ustensiles, on a quand même moins l’impression de faire n’importe quoi.

Dsup, coinceurs et friends, sangles. Pas pris de pitons. Il ne nous a manqué qu’un cubi de vin à la Villa Meillon. Retour par l’arête du Petit-Vignemale.

vignemale-aiguille-des-glaciers-4-112x150

sept 2013: Je viens de découvrir le blog de deux grimpeurs espagnols qui font figurer sur leur croquis de cette voie la cordelette jaune (cordino amarillo) que j’ai posée l’an dernier pour faire le petit rappel à l’est! Ça m’a mis de bonne humeur! Leur croquis est intéressant, parce qu’ils ont évité les filons d’ophite du départ et le dièdre surmonté d’un surplomb jaune que moi j’ai choisis précisément. On n’est pas d’accord sur la qualité du rocher, qu’eux ont jugée mauvaise (roca mala), mais c’est peut-être lié à ces choix de cheminement au départ? En tous cas ils ont aimé l’endroit, puisqu’ils ont fait durer le plaisir jusqu’à 23 h! voici le lien:http://hermanosgalve.blogspot.mx/2013/08/cara-norte-aguja-de-glaciares-vignemale.html

 

 

 

 



Laisser un commentaire

CHEZERY MULTISPORTS |
MULTIBOXING |
karatedo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | admingrimptout
| Périers Sports Football
| ASSOCIATION TAEKWONDO CLUB ...