Vignemale, Pointe Chausenque, éperon Nord-Ouest

chausenquenocopy1.jpg Voici un schéma de l’ascension de cet éperon, qui fut sans doute le motif obsédant m’ayant conduit à abandonner quelques semaines par an les joies de la promenade en tennis sur les crètes pyrénéennes pour leur préférer celles d’une progression par bonds de cinquante mètres. C’est une course ravissante, en plein milieu de la face nord du Vignemale.

Voici la marche à suivre:

Remonter le couloir de Gaube sur 100 à 150 mètres jusqu’à la hauteur d’un gendarme (ou bloc ou tourelle) sombre situé rive droite au pied d’un large filon d’ophite. On est plus haut que le départ d’une vire ascendante de droite à gauche (vire Ollivier?) qui est visible de très loin et prend la face nord de la pointe Chausenque en écharpe. Gravir ce filon d’ophite (trente mètres Vsup), ou un autre plus fin qui monte plus vers la droite. On prend pied sur une dalle déversée que l’on suit vers la gauche, afin de faire le deuxième relais sur une écaille décollée à gauche. Ne pas s’élever au-dessus (pitons dans une fissure dièdre) mais gravir une fissure à gauche (IV) puis rejoindre un petit dièdre caché en III. Au-dessus du dièdre on tire à droite vers une zone facile, puis deux longueurs tout droit jusqu’à la base d’un éboulement récent (III). Gravir des rochers fragiles sur dix mètres vers la droite (IV sup), puis faire un relais au-dessus du couloir de Gaube. S’élever directement trois longueurs (IV) sur le fil large de l’éperon. Le râteau de chèvre mentionné dans les topos à l’endroit où l’éperon se redresse à nouveau n’existe plus, on peut traverser à gauche une dalle lisse (huit mètres) pour revenir à droite par des corniches (V). On se trouve à une trentaine de mètres à droite du fil de l’éperon, au pied d’une corniche verticale. On est dominé par de gros surplombs arrondis, oranges, sur la gauche. Remonter la corniche précitée (V) et tirer légèrement à droite. Au-dessus d’une brève zone couchée, une grande fissure (trente mètres) en diagonale vers la gauche (IV sup) ramène sur le fil de l’éperon où l’on fait relais sous un gros bloc proéminent. Contourner ce bloc par la gauche et revenir à droite de l’éperon et suivre vers la droite des corniches fissurées (aérien). Franchir un mur « paré de gros cristaux », curiosité géologique en IV sup qui met fin aux difficultés.   On remonte des dalles blanches couchées, puis les schistes brisés jusqu’au sommet.

On descend par l’arête est et le Petit Vignemale, ou par le glacier d’Ossoue: quand le sentier qui ramène à Baysselance court sur la moraine, à peu près à 2600m., on observe à gauche (dans le sens de la descente) un changement de couleur dans les parois et barres rocheuses du Petit Vignemale: le calcaire gris s’enfonce sous des schistes herbeux. Gravir tout cela (cent mètres): c’est le raccourci pour chevilles agiles qui permet de rejoindre le col des Mulets plus rapidement.

 

Et voici le récit pathétique de la disparition du râteau de Chêvre:

J’ai fait l’ascension avec Erwan. Nous avons remonté à l’aube les chaos de glace et rocher de la rimaye de Gaube. Cela paraît avoir été plus long que remonter rive droite des rochers (III?) comme l’ont fait nos infortunés compagnons du jour. Pas vu tomber un seul météore dans le couloir. Plongé la tête la première dans un trou de neige! Un vrai piège à loup dont j’ai eu du mal à m’extraire!

Des gendarmes (partis d’Ossoue!!) nous ont rattrapés à la deuxième longueur, puis suivis jusqu’à la sixième ou septième, et dépassés parce que nous on mange de temps en temps. Bien ou mal nous en a pris: Le râteau de chêvre signalé dans les topos a vrombit au-dessus de nos têtes (Erwan venait de mousquetonner un coin de bois en balsa de 1967 ou par là) pendant que le gendarme de tête faisait une chute effrayante. Il n’a rien eu de sérieux, je raconte cela trois ans plus tard avec de la décontraction mais j’ai eu un sursaut d’effroi quand en récupérant la corde pour son compagnon j’ai découvert qu’un des deux brins du rappel avait été coupé. Avec tout cela, une chute de trente cinq mètres sur un vieux piton gonflé par l’oxidation a été enrayée comme à l’exercice. A suivi la récupération par hélico, au moment où Erwan et moi nous étions au-dessus du relais des gendarmes, et je vous jure que je me suis recroquevillé en pignant de trouille de me faire saucissonner par les pales. Une bonne heure et demie d’arrêt, donc, avec les rotations d’hélico, puis une fruition profonde et prudente dans le calme retrouvé des lieux, et une grande émotion à la vue du glacier d’Ossoue en milieu d’après-midi.



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